Francis JOLY

Matricule 45690
survivant
Portrait de Francis JOLY
Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Francis Joly naît le 7 juin 1912 à Dinan (Côtes-d’Armor [1] – 22), fils de Ferdinand Joly et d’Azeline Hérisson.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 28, rue Barbès à Montrouge [2] (Seine /Hauts-de-Seine – 92). Il est marié et père de deux enfants, dont Renée, née le 30 janvier 1932.

Francis Joly est membre du Parti communiste.

À partir de mars 1937, il travaille comme ajusteur de précision aux établissements Sanders, rue Benoît-Malon à Gentilly [1] (Seine / Val-de-Marne – 94) ; une usine proche de son domicile et qui fabrique des caisses enregistreuses sous licence américaine.

Pendant l’occupation, cette entreprise – filiale d’un groupe franco-allemand (La Nationale Groupe) – travaille en partie pour la production de guerre de l’occupant (fabrication de compteurs).

Malgré les premières exécutions massives d’otages d’octobre 1941 – parmi lesquels nombre de militants ouvriers – le noyau syndicale clandestin de l’usine poursuit la résistance sous un forme revendicative.

Le 9 février 1942, plusieurs militants déclenchent un arrêt de travail pour protester contre le rejet du cahier de revendications qu’ils ont fait déposer par le délégué officiel du personnel quelques jours plus tôt. Ce mouvement ne dure qu’un quart d’heure, mais le directeur et son adjoint décident de prévenir le commissariat de police de secteur, implanté à Gentilly, et dressent une liste de treize meneurs supposés. Alertée, c’est la première section des Renseignements généraux (RG) qui prend en charge la répression et procède aux arrestations à l’aube du 11 février.

Deux militants, chez qui ont été trouvés divers documents liés à leur activité militante avant l’occupation, seront interrogés le lendemain par l’inspecteur David, puis jugés, condamnés et passeront le reste de la guerre en prison et en camp (échappant ainsi paradoxalement à la mort).

Deux autres sont libérés parce qu’inconnus jusque-là des RG.

Suspects d’infraction au décret du 18 novembre 1939, les neuf restants – Georges Abramovici [3], Marceau Baudu, Fernand Boussuge, Joseph Daniel, Louis Gaillanne, André Girard, Francis Joly, Frédéric Rancez et René Salé – sont écroués à 19 h 45 au dépôt de la préfecture de police comme “consignés administratifs”.

Le 16 avril à 7 h 30 – après être restés deux mois à la Conciergerie -, ils sont transférés au “centre de séjoursurveillé” (CSS) de Voves (Eure-et-Loir – 28).

Francis Joly est donc arrêté à son domicile à 6 heures du matin ce 11 février et conduit à la préfecture de police de Paris pour interrogatoire. À Voves, il est enregistré sous le matricule n° 70.