François COMPIÈNE

Matricule 45390
decede
Photographie de François COMPIÈNE
François Compiène © René Compiène DR — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2019/09/compiene-francois/
Convoi 45000

François Compiène naît le 15 décembre 1904 au Creusot (Saône-et-Loire).

Il est possible qu’il ait acquis sa formation dans les usines Schneider (à vérifier…) : il est chaudronnier.

François Compiène se marie avec Francine Aulagne, née le 1er juin 1905 à Calmels-de-Viala (Aveyron). Ils ont un fils : Lucien, René , né le 2 janvier 1930 à Saint-Maurice-de-Beynost (Ain), au nord-est de Lyon. La famille vit un temps à Saint-Denis [1] (Seine / Seine-Saint-Denis – 93).

François Compiène travaille un temps dans une tréfilerie installée dans la Plaine-Saint-Denis.

Sous l’occupation, la famille emménage dans un pavillon au 14, rue des Ormes à Romainville [1] (93). Le 3 juillet 1941, revenant de Gien (Loiret) en mission pour le Parti communiste clandestin, François Compiène est arrêté à la gare de Lyon, par des policiers en civil du commissariat de police du quartier de la gare, « porteur de deux valises renfermant environ 70 kilos de tracts communistes » et conduit dans les locaux des Renseignements généraux à la préfecture de police. Interrogé par les inspecteurs de la Brigade spéciale du commissaire David, il révèle qu’il est « vraisemblable » que du matériel de propagande communiste (tracts, brochures, etc.) doit se trouver « à proximité de son domicile ». Derrière le pavillon qu’il occupe, les policier découvrent, sous des débris de toile et de bois, un filet à provision en toile cirée noire contenant environ 2500 imprimés clandestins, dont 2000 exemplaires de divers numéros de L’Humanité ronéotypés et 150 brochures La politique communiste , n° 4 et 5. Cependant, François Compiène se défend d’être membre du Parti communiste et prétend ne pas avoir effectué ces transports de tracts par conviction personnelle mais afin de « gagner un peu d’argent pour le gosse ». Il ne lâche aucune information permettant d’identifier ses contacts. Le 4 juillet, François Compiène est inculpé d’infraction au décret-loi du 26-09-1939 (dissolution et interdiction du PC et de sa propagande) et conduit au dépôt de la préfecture de police, à disposition du procureur de la République.

Le 11 juillet 1941, la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine condamne François Compiène à six mois d’emprisonnement. Le 28 juillet, il est conduit à la prison de Fresnes (Seine / Val-de-Marne). Quatre jours plus tard, le 1er août, il est transféré à la Maison centrale de Poissy (Seine-et-Oise / Yvelines) ; une source mentionne un passage par à la Maison centrale de Clairvaux (Aube) [à vérifier, car la durée de la peine semble trop courte pour une détention dans ce type d’établissement pénitentiaire : a-t-elle été prolongée en appel ?].

Au cours du mois de novembre, en « exécution de la note préfectorale » du 14 novembre 1940, le directeur de la prison de Poissy transmet au bureau politique du cabinet du préfet de Seine-et-Oise onze notices de détenus de la Seine devant être libérés à l’expiration de leur peine au cours du mois suivant. Le 22 novembre, le préfet de Seine-et-Oise transmet le dossier au préfet de police de Paris, direction des services des Renseignements généraux.

Le 26 décembre, à l’expiration de sa peine, François Compiène n’est pas libéré ; il est probablement maintenu en prison avec un statut de “détenu administratif”, comme Christophe Le Meur.

Le 13 février 1942, François Compiène est dans un groupe de vingt-quatre « militants communistes » – composé pour moitié de futurs “45000” – transférés au dépôt de la préfecture de police de Paris (au sous-sol de la Conciergerie, île de la Cité).

Le 26 mars, la préfecture ordonne son internement administratif, et le 16 avril, il fait partie d’un groupe de détenus transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Voves (Eure-et-Loir), au sud-est de Chartres, où il est enregistré sous le matricule 52. Dans ce camp, où il apparaît relativement facile de s’évader, il en est dissuadé par les menaces de fortes représailles sur les détenus restés au camp.

Le 10 mai 1942, il fait partie des 81 internés remis aux autorités d’occupation à leur demande et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) [2].

Entre fin avril et fin juin 1942, François Compiène est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).