Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
François, Émile, Marie, Stéphan naît le 19 mai 1908 à Nantes (Loire-Inférieure / Loire-Atlantique [1] – 44).
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 110, rue de Geôle à Caen (Calvados – 14). Il est métallurgiste (tourneur) à la Cartoucherie de Mondeville (à vérifier…).
Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, François Stéphan est arrêté par la police française ; il figure comme “communiste” sur une liste d’arrestations exigées par la Felkommandantur 723 de Caen à la suite du deuxième déraillement d’un train de permissionnaires allemands à Moult-Argences (Airan) [2].
Il est détenu à la Maison centrale de la Maladrerie à Caen, puis au “petit lycée” Malherbe.
Le 4 mai, considéré comme otage communiste, il fait partie du groupe de détenus transféré en train au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai, en soirée.
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Entre début mai et fin juin 1942, François Stéphan est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, François Stéphan est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46120 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.