François TROLET

Matricule 46159
decede
Portrait de François TROLET
Fr. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

De la classe 1923, François Trolet effectue son service militaire au 34e régiment d’Aviation au Bourget (Seine / Seine-Saint-Denis).

Collection Boris Trolet. Droits réservés.

Le 30 avril 1926, à Marquise (62), il se marie avec Jeanne Louise Henriette Clabaut, née le 9 avril 1906 dans cette commune. Ils auront deux enfants : Daniel, né le 18 février 1928, et Denise, née le 6 juin 1933.

Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 23, rue Henri-Paul à Champagne-sur-Seine (Seine-et-Marne – 77), dans la cité Aubépine de logements ouvriers, construite au sud de l’usine Schneider entre 1920 et 1921.

Champagne-sur-Seine, cité Aubépine, rue Henri-Paul. En terre battue à la création de la cité en 1921, les voies d’accès ne furent goudronnées que vers 1958, par la municipalité. Carte postale non datée. Coll. Mémoire Vive.

François Trolet est électricien à l’usine de la société Le Matériel Électrique Schneider-Westinghouse (SW).

Champagne-sur-Seine. Entrée de l’usine Schneider-Westinghouse (S. W.). Carte postale non-datée (années 1920 ?). Collection Mémoire Vive.

De 1936 à 1938, il est adhérent au Parti communiste.

Le 28 janvier 1939, à la demande de la direction générale de la Sûreté nationale au ministère de l’intérieur et après avoir consulté ses sous-préfets, le préfet de Seine-et-Marne transmet à celle-ci un long rapport sur « l’organisation et l’activité de chacun des partis extrémistes » de son département dans lequel sont répertoriées les cellules du parti communiste. Pour Champagne-sur-Seine, il indique : « Le nombre des adhérents est de 280 environ, dont une centaine pour la cellule de la société S.W. (Schneider et Cie) […] . Les réunions se tiennent chaque semaine chez M. Rateau, chef du secteur. »

Sous l’occupation, François Trolet participe à des diffusions de tracts et des récupérations d’armes dans la région sud de la Seine-et-Marne. Il sert sous les ordres d’André Gautier (qui deviendra le lieutenant “Victor” dans les FFI), d’abord dans le cadre de l’O.S. (organisation spéciale) [1], puis pour le Front national [2], dans le secteur de Champagne-sur-Seine.

Le 1er mai 1941, un inspecteur du commissariat spécial de Melun rédige un compte-rendu d’enquête pour son chef de service, relativement à « une lettre signée peu lisiblement et signalant une activité communiste dans la région de Champagne-sur-Seine. […] Le Matériel Électrique ou « Usines S.W. » occupe […] environ 700 ouvriers. Une vingtaine environ s’était faite remarquer par son attitude communiste, parmi eux : JAY René, né le 5 avril 1892 à Saint-Mammès (Seine-et-Marne), domicilié à Champagne-sur-Seine, 10 rue Henri-Paul, veilleur de nuit au chantier du pont de cette localité […] , MAGNAT Jérôme […] , MÉNAGER André […] , ROUSSET Georges, né le 16 septembre 1914 à Avon […] , traceur sur métaux, ex-secrétaire des Jeunesses communistes de Champagne, gendre de Jay René., TROLET François […] . Ces divers militants de l’ex-parti communiste sont encore en relations et, à plusieurs reprises, on a constaté des allées et venues. Depuis le mois de mars, trois distributions de tracts communistes ont eu lieu à Champagne-sur-Seine ; elles ont été effectuées principalement dans le quartier de l’Aubépine, […] habité par les ouvrier de S.W. Les deux dernières diffusions remontent au 23 avril […] et, enfin, dans la nuit du 19 au 30 avril […] . Cette dernière distribution n’a pas eu l’effet de propagande souhaité en raison d’une forte pluie qui s’est abattue sur la ville. À noter que JAY René et MÉNAGER André, tous deux militants convaincus, sont titulaires d’un laisser-passer de nuit pour le service de garde du pont de Champagne-sur-Seine […] demandés par la maison Delattre et Frouard de Dammarie-les-Lys, chargée de la réfection du pont de cette commune. En outre, la situation politique du milieu ouvrier de Champagne-sur-Seine ne paraît pas s’être aggravée depuis la guerre. Au contraire, le militant le plus dangereux, le plus instruit, RATEAU Valentin, né le 6 mars 1910 à le Creusot (S et L), professeur à l’École Lafayette, est actuellement interné au Maroc. La direction de l’usine, que j’ai consulté, ne donne aucun nom de personnes pouvant servir d’agents de renseignement. Bien que déplorant la propagande antinationale communiste, la direction invoque qu’il serait délicat de déléguer un ouvrier pour la surveiller. On peut le regretter. »

Le dimanche 19 octobre 1941, François Trolet est arrêté par la Feldgendarmerie au retour d’une diffusion de tracts (la mémoire familiale suppose une dénonciation), lors d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant et visant les communistes de Seine-et-Marne, pris comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte – meules, hangars – ayant eu lieu dans le département.