François VIAUD

Matricule 46190
decede
Photographie de François VIAUD
Novembre 1945 François Viaud et René Maquenhen. © Patrick Grosjean — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/07/viaud-francois-marie-michel/
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

François, Marie, Michel, Viaud naît le 19 novembre 1908 à Cordemais (Loire-Inférieure / Loire-Atlantique [1]), fils de François Viaud, 31 ans, employé à la drague, et Augustine Doussin, 23 ans, son épouse, domiciliés à la Grande Fontaine. Plus tard, ceux-ci habitent à Aubigny-en-Artois (Pas-de-Calais – 62).

Dans la réserve, François Viaud est affecté au Génie du chemin de fer. Pendant un temps, il habite à Hesdin (62).

Le 23 janvier 1932 à Saint-Martin-lès-Boulogne (62), il épouse Marie Madeleine Tréboute, née dans cette ville le 5 juillet 1912. Ils ont une fille.

Au moment de son arrestation, François Viaud est domicilié au 274, rue Riolan à Amiens (Somme).

Il est aide-ouvrier au dépôt SNCF d’Amiens.

Le 26 mars 1942, il est suspendu pour « complicité de vol de marchandises confiées au soin de la SNCF ».

Le 9 mai, il est arrêté par la police allemande à la suite d’un double sabotage effectué dans la nuit du 30 avril au 1er mai ayant notamment immobilisé la grue de relevage (32 tonnes) du dépôt. Il est écroué à la Maison d’arrêt d’Amiens « à la disposition des autorités allemandes » et fait partie des treize cheminots du dépôt SNCF gardés en représailles ; avec cette situation particulière pour lui qu’il n’y travaillait plus depuis plus d’un mois.

Dans une notice individuelle réalisée après coup, le commissaire central d’Amiens indique : « N’a jamais manifesté de sentiments politiques dans son entourage ; n’a jamais attiré sur lui l’attention des services de police à ce sujet ». Le 21 mai, son épouse écrit au préfet de la Somme pour lui demander d’intervenir en faveur de sa libération ou « s’il y avait moyen de refaire une nouvelle enquête ».

Le 10 juin, ils sont dix cheminots du dépôt d’Amiens (dont neuf futurs “45000”) [2] à être transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Au cours du mois de juin 1942, François Viaud est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.