Gabriel Dit Gaby LEJARD

Matricule 45772
decede
Photographie de Gabriel Dit Gaby LEJARD
Gabriel Lejard et son épouse Léa — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/07/lejard-gabriel/
Convoi 45000

Gabriel, Jean, Léon, Lejard, naît le 5 juillet 1901 à Barges (Côte-d’Or – 21) de Auguste Lejard, 31 ans, “pensionné”, et de Jeanne Chevalier, 25 ans, sans profession, couple de libres penseurs.

Sa mère est bonne à tout faire. Son père, employé à la Compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) deschemins de fer, a eu les deux jambes sectionnées dans un accident du travail avant ses 26 ans et devient épicier à Barges. Il est élu conseiller municipal de cette commune sur la liste socialiste sans adhérer au parti. Le couple a deux autres fils, Ernest né en 1894 et Albert né le 20 mars 1895, mort sur le front d’Alsace le 18 juin 1915, et une fille Andrée, née en 1903.

Après avoir été élève de l’école primaire, Gabriel Lejard entre en 1913 à l’école pratique de Dijon (21), mais en est retiré dès 1916. Ajusteur à Dijon, puis, en 1917, à Lyon, il fréquente un milieu révolutionnaire composé de nombreux “affectés spéciaux” parisiens (période de guerre). En février 1918, il adhère aux Jeunesses socialistes et à la CGT. Rapidement, il est déçu par les JS et adhère au groupe libertaire. À cette époque, il accumule les lectures, celles en particulier des journaux, tel La Vague . Au début de 1918, à Lyon, il participe aux grèves contre la guerre. Après l’armistice, il milite activement dans le courant syndicaliste révolutionnaire pour l’adhésion à la IIIe Internationale.

En août 1919, Gabriel Lejard part travailler à Alger où il prend conscience de la réalité coloniale. Membre du bureau du syndicat des Métaux d’Alger, il prend part à une grève des métaux en mars-avril 1920, passe en correctionnelle et est rapatrié en France après huit mois de présence.

De retour à Lyon, il participe à la grève générale de mai 1920, et est alors licencié de l’usine d’automobiles Rochet-Schneider où il travaille.

En novembre 1920, il revient à Dijon et est embauché à la fabrique de motocyclettes Terrot.

Le 6 avril 1921, il est incorporé au 1er régiment d’artillerie hippo(mobile). Le 1er novembre, il passe au 37e régiment d’artillerie. Le 20 janvier 1922, il passe au 8e bataillon d’ouvriers. Un mois plus tard, le 16 février, il passe au 121e escadron du Train auto. Lors de l’occupation de la Ruhr (les « pays rhénans ») en 1923, il fraternise avec les mineurs. Le 15 mai 1923, il est renvoyé dans ses foyers, titulaire d’un certificat de bonne conduite.

De retour chez Terrot en 1923, il adhère au syndicat CGTU de la métallurgie dijonnaise. À cette date, Gabriel Lejard est encore libertaire, mais il évolue vers le communisme.

En février 1924, il habite au 35, rue Pasteur, à Dijon. En octobre 1925, il est au 15, rue de la Verrerie et, en avril 1931, au 76, rue de la Vannerie. Plus tard, il emménagera au 10 rue du Creux-d’Enfer.

En 1934, il est secrétaire adjoint de son syndicat. En 1935, il adhère au Parti communiste et participe à toutes les manifestations antifascistes de 1934-1935 à Dijon. Le syndicat l’envoie à l’usine Cheveau dematériel électrique pour y organiser une section syndicale ; il perd ainsi la prime d’ancienneté et la semaine de congés payés dont il bénéficiait chez Terrot. Mais, en juin 1936, l’usine Cheveau est la première à être occupée à Dijon par les ouvriers, et la direction cède à leurs revendications en vingt-quatre heures. G. Lejard dirige l’extension du mouvement à tous les établissements de la métallurgie dijonnaise, prend très souvent la parole dans les meetings et les usines occupées, s’occupe de la création de nouvelles sections syndicales.

En 1937, il devient secrétaire général du syndicat des Métaux de Dijon et membre de la commission administrative de l’Union départementale de la Côte-d’Or.

Il est l’un des principaux organisateurs de la grève du 30 novembre 1938 pour la défense des acquis du Front populaire. Il passe alors trois fois en correctionnelle pour entraves à la liberté du travail, et n’est réembauché que sur intervention de l’inspecteur du Travail.