Georges, Jean, Capliez naît le 1er décembre 1920 chez une sage-femme officiant au 18 rue Crozatier à Paris 12e, fils d’Henri Capliez, 27 ans, ajusteur, et de Marthe Duc, 27 ans, lingère, son épouse, domiciliés au 13 rue des Pavillons à Puteaux [1] (Seine / Hauts-de-Seine).
Au moment de son arrestation, il est domicilié chez ses parents, dans les HBM du 4, rue Cartault à Puteaux. Il est célibataire (il a 19 ans).
Puteaux. Groupe Nord des HBM de la rue Cartault. Carte postale oblitérée en 1934. Coll. Mémoire Vive.
Georges Capliez est ajusteur, comme son père.
Le 11 septembre 1940, Georges Capliez, Pierre Bourneix fils, René Maroteaux et trois autres jeunes militants communistes de Suresnes et Puteaux sont arrêtés par la police française et écroués à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e) pour « propagande communiste clandestine ». Ils sont probablement libérés peu de temps après sur décision des autorités allemandes.
Le 9 novembre, sur instruction des Renseignements généraux, le préfet de police de Paris signe un arrêté ordonnant l’internement administratif de Georges Capliez, au motif : « a été arrêté pour distribution de tracts, continue son activité ». Le jour même, celui-ci est arrêté par des agents du commissariat de la circonscription de Puteaux, en même temps qu’Auguste Archen et Pierre Bourneix, parmi 66 suspects d’activité communiste de la Seine, et conduit au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé en octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.
Le sanatorium de la Bucaille à Aincourt dans les années 1930. Le centre de séjour surveillé a été installé dans la longue bâtisse située au premier plan à gauche. Afin de pouvoir y entasser les détenus, il a fallu y transporter le mobilier des autres bâtiments. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Conçus à l’origine pour 150 malades, les locaux sont rapidement surpeuplés : en décembre 1940, on compte 524 présents, 600 en janvier 1941, et jusqu’à 667 au début de juin. Pour cette raison, Georges Capliez est assigné, avec Pierre Bourneix, au “dortoir des jeunes” (“DJ”), ancien réfectoire réaffecté à cet usage.
Sanatorium de la Bucaille à Aincourt. Une salle de réfectoire. Peut-être celle du bâtiment où se trouvent les communistes internés et qui – vidé de ses tables – deviendra le dortoir des jeunes. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Le 25 février 1941, le commissaire spécial directeur du camp complète le formulaire individuel de “Révision trimestrielle” du dossier de Georges Capliez : rubrique “Conduite au centre”, « A été puni d’un jour de cellule pour chants révolutionnaires » ; rubrique “Avis sur l’éventualité d’une mesure de libération”, « Membre des Jeunesses communistes – devrait être dirigé sur un camp de Jeunesse plus que sur un camp de concentration » (en l’occurrence, un centre d’internement français).
Le 23 avril 1942, Georges Capliez fait partie d’un groupe de 60 détenus – liste nominative de A à Ch – transférés au camp français (CSS) de Voves (Eure-et-Loir), où il est enregistré sous le matricule n° 126.
Entrée du camp de Voves. Date inconnue, probablement après mars 1943. © Musée de la Résistance Nationale, Champigny, fonds de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé.
