Georges HANSE

Matricule 45653
decede
Photographie de Georges HANSE
Georges Hanse le 8 juillet 1942 à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/09/hanse-georges-fernand-raymond/
Convoi 45000

Georges Fernand Raymond Hanse naît le 2 juillet 1912 à Beauvais (Oise – 60), chez ses parents, Georges Louis Hanse, 25 ans, ouvrier en tapis, et Isabelle Jeanne Cresson, 22 ans, ouvrière en tapis, son épouse, domiciliés au 29 rue Tétard (?).

Le 10 octobre 1936, à la mairie de Saint-Just-des-Marais, Georges Hanse se marie avec Geneviève M., née le 19 avril 1917 à Beauvais. Il a au moins un fils, Hubert, né en 1934 (ou 1924 ?).

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Saint-Just-des-Marais (60) ; son adresse reste à préciser. Un autre document le domicilie à Compiègne (60).

Georges Hanse est couvreur.

En septembre 1941 probablement, il est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (60), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Il y est enregistré sous le matricule n° 1546.

Le camp vu depuis le mirador central. Les “politiques français” étaient dans le secteur constitué par la ligne de bâtiments de gauche (“camp communiste”) Photo Hutin, Compiègne, carte postale. Droits réservés.

Le 20 février 1942, le chef de la Feldkommandantur 580 à Amiens (Somme – 80) – ayant autorité sur les départements de la Somme et de l’Oise – insiste auprès du préfet de l’Oise, Paul Vacquier [1], afin que la fiche de chaque interné du Frontstalag 122 pour activité communiste demandée à l’administration préfectorale indique « son activité politique antérieure (très détaillée si possible), ainsi que les raisons qui militent pour ou contre sa prompte libération du camp d’internement ».

Le 10 mars, le préfet de l’Oise écrit au Ministre secrétaire d’État à l’Intérieur pour lui transmettre ses inquiétudes quant à cette demande : « Étant donné que parmi les internés du camp de Compiègne une vingtaine déjà ont été fusillés en représailles d’attentats commis contre les membres de l’armée d’occupation, il est à craindre que ces autorités aient l’intention de se servir de mon avis pour désigner de nouveaux otages parmi ceux pour lesquels j’aurais émis un avis défavorable à la libération. Me référant au procès-verbal de la conférence des préfets régionaux du 4 février 1942, qui précise “qu’en aucun cas les autorités françaises ne doivent, à la demande des autorités allemandes, procéder à des désignations d’otages”, j’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien me donner vos directives sur la suite qu’il convient de réserver à la demande dont je suis saisi… »

Le 24 avril, Paul Vacquier transmet à la Feldkommandantur 580 les notices individuelles des « personnes internées au camp de Compiègne, figurant sur la liste [qui lui a été] communiquée et domiciliées dans le département de l’Oise », et portant uniquement « des renseignements concernant l’état civil, la parenté et la situation matérielle ».

Le 13 mai, répondant à des directives concernant la désignation d’otages, le préfet de l’Oise demande au chef du gouvernement, ministre secrétaire d’État à l’Intérieur (Laval ?) d’intervenir afin de faire libérer 24 « personnes (…) non susceptibles d’être dangereuses ». Parmi celles-ci, figure Georges Hanse, « communiste peu dangereux et peu actif ».

Enfin, le 29 juin, Paul Vacquier écrit à la Feldkommandantur 580 pour essayer d’obtenir la sortie du Frontstalag 122 de soixante-quatre ressortissants de son département – dont Georges Hanse – au motif « qu’aucun fait matériel d’activité communiste n’a été relevé à leur encontre depuis l’arrivée des forces allemandes dans la région », envisageant la possibilité d’interner certains d’entre eux « dans un camp de concentration français ». Sa démarche ne reçoit pas de réponse.

Le mal est probablement déjà fait : quand elles ont procédé à des arrestations dans l’Oise entre juillet et septembre 1941, les forces d’occupation ne disposaient-elles pas déjà d’informations et d’appréciations transmises par certains services de la police française ? N’en ont-elles pas obtenu d’autres par la suite ? Le préfet craignait la fusillade. Ce sera la déportation.