Georges TEULON

Matricule 46134
decede
Photo non trouvée pour Georges TEULON
Image de remplacement. Photographie de Georges TEULON non retrouvée dans les sources consultées.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Georges Teulon naît le 28 février 1911 à Paris 12e, chez ses parents, Auguste Teulon, 24 ans, découpeur, et Jeanne Jouanne, 20 ans, couturière, son épouse, domiciliés au 66, avenue Daumesnil à Paris 12e.

En 1917, la famille emménage quelques pas de porte plus loin, au 93, avenue Daumesnil.

Au moment de son arrestation, Georges Teulon habite toujours avec ses parents. Il est célibataire.

En 1930, livreur aux Grands Magasins du Louvre, il en est licencié après quelques mois pour détérioration de marchandises avant leur livraison.

Le 25 octobre 1933, il entre comme ouvrier mouleur aux Établissements Kalker, Manufacture générale de caoutchouc et d’ébonite [1], sis 52, rue des Bruyères et 8, rue de Paris aux Lilas. Militant syndical CGT, il est élu délégué suppléant du personnel ouvrier de son entreprise en 1937.

Le 2 septembre 1939, Georges Teulon est mobilisé. Le 26 décembre, il est classé dans l’ “affectation spéciale” au sein de son usine, considérée comme produisant pour la Défense nationale. Lors de la réouverture des ateliers après l’exode, considéré comme un bon élément et un ouvrier sérieux, Georges Teulon est l’un des premiers ouvriers convoqués pour reprendre le travail.

Pourtant, en août 1941, la direction constaterait que son équipe de travail a un rendement inférieur aux autres, lui imputant ce freinage dans la production, ainsi que le bris d’outils et de moules, bien qu’« aucun fait positif » ne puisse être relevé contre lui. Le 23 août, M. Schmitt, directeur de l’entreprise se rend au commissariat de police de la circonscription des Lilas pour demander l’internement de son employé. Le commissaire signale alors celui-ci comme « susceptible d’avoir été » membre du Parti communiste et d’avoir encore la confiance des ex-leaders de ce parti. Dès lors, Georges Teulon est « considéré comme suspect au point de vue national ».

Le 10 octobre 1941, il est arrêté à son domicile par deux policiers en civil ; l’appartement n’est pas perquisitionné. Le jour même, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif en application du décret du 18 novembre 1939 (probablement à l’origine de cette interpellation). Il est conduit au dépôt de la préfecture de police (sous le Palais de Justice, île de la Cité), en attendant son transfert dans un camp.

Le 10 novembre, Georges Teulon fait partie des 58 militants communistes transférés du Dépôt au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne) ; il est assigné à la baraque n° 11.

Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé”, vu du haut d’un mirador. Date inconnue. Au fond – de l’autre côté de la voie ferrée -, le village. Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne), Fonds Amicale Voves-Rouillé-

La position de la direction de son entreprise évolue à son égard, sans doute en raison d’une forme de remord : elle lui fait parvenir des subsides à plusieurs reprises et lui envoie des étrennes à la fin de l’année 1941, se déclarant prêt à le reprendre s’il bénéficie d’une mesure de libération.