Georges Thorez naît le 18 novembre 1905 aux Attaques (Pas-de-Calais), fils d’Édgard Thorez, 33 ans, batelier, et de Marie Éléonore Triquet, 23 ans, batelière, son épouse.La commune est traversée par plusieurs petits canaux rejoignant le canal de Calais qui se jette dans la mer (Manche/mer du Nord).
Pendant plusieurs années, Georges Thorez est lui-même batelier sur le Montcalm .
À une date restant à préciser, il se met en ménage avec Josephana Vlemincks, née le 8 mars 1910 à Termonde (Belgique), une Flamande parlant difficilement le français. Ils auront cinq filles : Muguette, née le 14 juillet 1932 à Vieux-Condé (Nord – 59), Marcelle, née le 16 mars 1934 à Denain (59) [1], Jeanne, née le 5 octobre 1935 Maizières-le-Vic (57), Astrid, née le 8 février 1938 à Crève-Cœur (59), et Georgette, née le 22 août 1942 à Varangeville (Meurthe-et-Moselle – 54), née après la déportation de son père [2].
Georges Thorez n’est pas connu comme militant ou adhérent du Parti communiste, mais il en partage les idées.
Pendant la drôle de guerre, il s’absente parfois en disant à ses proches qu’il va « garder la ligne Maginot ». On peut supposer qu’il s’agit de participer à une activité clandestine sur laquelle il n’existe aucune information.
Sous l’occupation, il vit avec sa famille sur la péniche qu’il pilote (le Saint-Gobain II ), attachée au port fluvial de Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle – 54) où ses parents sont également domiciliés.
En 1941, transportant du charbon pour les usines Saint-Gobain (soudières de Varangéville ?), son bateau traverse très souvent la nouvelle frontière de la Lorraine annexée au Reich (département de la Moselle – 57), pour aller charger ce combustible ; il emprunte le canal de la Marne au Rhin, puis le canal des Houillères de la Sarre (bifurcation à l’étang de Gondrexange) et enfin la Sarre canalisée.
Entre la cloison en bois de son logement de marinier et la paroi métallique de la cale à charbon, Georges Thorez aménage une cache permettant de dissimuler plusieurs hommes debout : comme beaucoup d’autres mariniers, il appartient à une filière de passeurs (non identifiée).
Le 20 ou 21 décembre 1941 en fin de journée, vers Remelfing, au sud de Sarreguemines (57), de l’autre côté de la frontière, Georges Thorez stationne son bateau sous un talus boisé en pleine campagne. Il demande à deux de ses deux filles, Marcelle et Jeanne, d’y monter et celles-ci lui rapportent la présence de cinq hommes cachés au milieu des arbres. La nuit venue, Georges Thorez siffle depuis le pont du bateauet les hommes les rejoignent dans la cabine. Ce sont des prisonniers de guerre évadés : l’un d’eux est domicilié à Frouard (54), les autres sont de la région parisienne (tous « célibataires » ?).
Les évadés passent plusieurs jours sur le bateau, le temps que celui-ci regagne la zone occupée en passantpar des canaux gelés dont il faut briser la glace pour avancer. Dans la journée, ils se cachent de l’autre côté de la cloison « pas plus large que l’épaisseur d’un homme » située derrière la cuisinière. Le soir, ils rejoignent le marinier et sa famille dans leur cabine, prenant les enfants sur leurs genoux. Aux écluses, les Allemands visitent le bateau. Au passage de la frontière, au niveau l’écluse n ° 12 de Lagarde, ils sondent le chargement de charbon au moyen de grandes barres de fer, sans rien trouver.
Une fois en France, à Einville-au-Jard (54), les évadés passent la nuit de Noël avec le marinier et sa famille.
Le lendemain, ils quittent le bord, et la péniche reprend sa navigation en direction de Dombasle.