Georgette Fourcade naît le 6 octobre 1905 à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde – 33), où ses parents sont employés d’épicerie. Parmi ses frères, Paul Fourcade, né le 15 février 1903.
Elle va à l’école jusqu’au certificat d’études, puis apprend la couture ; elle est vestonnière-giletière.
En 1930, elle se marie avec Robert Bret, né le 8 septembre 1906 à Cenon (33), sur la rive droite de la Garonne en face de Bordeaux. Ils ont une fille, Janine, née vers 1933. Au moment de son arrestation, le couple habite au 82, rue Dubourdieu à Bordeaux.
Ouvrier qualifié, ajusteur à la compagnie des TEOB (Tramways électriques et omnibus de Bordeaux), Robert Bret s’est éveillé très tôt à la vie sociale et politique. Ayant contribué avec ardeur et efficacité au développement et à l’activité de la cellule du Parti communiste de son entreprise, la direction du parti qui lui demande de participer à la commission d’organisation de la Région bordelaise.
En juin 1936, Robert Bret est un des organisateurs – avec Armand Gayral – de la grève paralysant Bordeaux : plus de tramways durant neuf jours, la bicyclette demeure le seul moyen de déplacement. Les traminots obtiennent satisfaction, dont 14 % d’augmentation.
La police l’a bien sûr remarqué et l’inscrit sur ses fiches avec la mention : « membre très actif du Parti communiste ».
Sous l’occupation, Robert Bret reste actif dans la clandestinité.
Le 22 novembre 1940, il est arrêté par la police française dans une vague de perquisitions et d’arrestations de communistes lancée par le préfet en accord avec les autorités d’occupation : 148 personnes sont rassemblées au Foyer (ou Hôtel) des Émigrants, au 24 quai de Bacalan sur la Garonne, un immeuble utilisé avant-guerre pour l’hébergement des émigrés en instance de départ vers les colonies et dès lors transformé en Centre de séjour surveillé. Les suspects y sont interrogés – sans violence – par le commissaire spécial Poinsot et son équipe. En mars 1941, la plupart des internés sont transférés au camp français de Mérignac qui vient d’être créé dans la banlieue ouest de Bordeaux (à vérifier…).
Interrogé longuement, Robert se défend d’avoir une activité susceptible de nuire aux intérêts de la France. Cependant, son employeur, la compagnie des tramways, ne tarde pas à le révoquer. Le 1er mars 1941 (?), lorsque le préfet Pierre Alype transmet la copie de l’interrogatoire de Robert Bret à la Feldkommandantur , il n’hésite pas à ajouter ce commentaire : « Cette contestation systématique est caractéristique de l’état d’esprit de l’intéressé qui, s’il n’est pas un militant d’envergure, paraît cependant susceptible d’être dangereux, en ce – sens qu’il se plie à la discipline du parti et qu’il est apte à exécuter aveuglément les ordres de ce dernier ».
Malgré l’arrestation de son mari et son internement au camp de Mérignac, Georgette continue à cacher et à transmettre du matériel de propagande.
Le 21 octobre 1941, à Bordeaux, à l’angle du boulevard Georges V et de la rue de l’Ormeau-mort, un groupe de résistance communiste dirigé par Philippe Rebière et formé de trois hommes circulant à vélo abat un officier allemand qui se trouve être Hans Reimers, conseiller d’administration militaire de la Feldkommandantur 529, chef du service de recrutement des travailleurs français. Cet attentat venant s’ajouter à celui de Nantes, Adolf Hitler et son chef d’état-major, le maréchal Keitel, exigent des représailles massives.
Le 22, le délégué du ministre de l’Intérieur à Paris ordonne aux préfets de communiquer aux autorités allemandes des listes d’internés administratifs. Une liste des communistes internés à Mérignac est fournie par la direction du camp, précisant pour chacun sa fonction au sein du parti, rédigée selon les fiches de police et de nouveaux interrogatoires. La liste définitive des otages est établie “sur dossier” par le capitaine SS Herbert Hagen, responsable du Sipo-SD pour toute la côte atlantique et agent actif de la “solution finale” depuis ses origines, qui y incorpore des résistants appartenant à des réseaux gaullistes (les enquêteurs sont encore indécis sur l’appartenance politique des auteurs de l’attentat).