Gérard GILLOT

Matricule 45601
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Photographie de Gérard GILLOT
Gérard Gillot et sa première épouse Denise, le jour du mariage. Photo © Hervé Gillot et sa sœur Yveline Gillot — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/12/gillot-gerard-lucien/
Convoi 45000

Gérard, Lucien, Gillot naît le 17 juillet 1921 à Saint-Éliph (Eure-et-Loir – 28), fils de Julien Gillot, 24 ans, et de Thérèse Gouyer, son épouse, 20 ans.

Avant guerre, Gérard Gillot est domicilié au lieu-dit La Sauvagère sur la commune de Meaucé (28), chez ses parents ; il est alors ouvrier agricole.

Au début de l’occupation, il est requis par l’armée allemande avec d’autres jeunes gens, dont Michel Eustase [1], obligés de creuser des tranchées coupe-feu autour d’un dépôt de carburant aménagé dans le parc du château de La Loupe, réquisitionné.

Le 4 novembre 1940, il est embauché comme manœuvre (terrassier) au camp d’aviation de Chartres-Champhol (28), base aérienne militaire réquisitionnée par l’armée de l’air allemande ( Luftwaffe ) et où beaucoup d’ouvriers de la région parisienne sont venus chercher du travail.

Chartres. Le camp d’aviation (dans les années 1920 ?). Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Chartres. Au-delà des tours de la cathédrale, le camp d’aviation. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Gérard Gillot loge alors dans une chambre au 59, rue des Grandes-Filles-Dieu, à Chartres, et va prendre ses repas dans un café proche, tenu par Madame Maréchal au 10 de la même rue. L’établissement est fréquenté par d’autres ouvriers du camp d’aviation, notamment des électriciens. Selon le commissaire de police de Chartres, « la propagande a été reprise à la suite de l’arrivée d’ouvriers de la Région parisienne embauchés sur les chantiers du camp d’aviation ouverts par les autorités d’occupation ».

Le dimanche, Gérard Gillot retourne chez ses parents.

Dans cette période, selon des procès verbaux de police ultérieurs, Henri Berton (55 ans) et Roger Rebière (28 ans, chauffagiste parisien en pension dans le café) préparent des tracts et journaux communistes, ainsi que des “papillons” rouges gommés (collants), au premier étage, dans la chambre de Marguerite Maréchal, laquelle est au courant de leur activité mais n’y participe pas. Mis sous enveloppe portant l’adresse d’un destinataire ou simplement pliés en deux, les imprimés sont ensuite remis à quatre équipes de deux hommes, auxquels Henri Berton indique le circuit des rues où les déposer. Début janvier 1941, sollicité par Henri Berton, Gérard Gillot intègre une de ces équipes de distribution, effectuant les tournées des 22, 23 et 24 janvier avec Roger Rebière.

Au cours du mois de janvier 1941, cette activité de propagande n’échappe pas à l’attention du commissaire de police de la ville. Entre le 27 et le 30 janvier, celui-ci lance une série de mesures afin d’en trouver les responsables, interrogeant tous les communistes notoirement connus à Chartres et effectuant chez chacun d’eux une visite domiciliaire (perquisition).

Apprenant que cette propagande pourrait venir du café Maréchal, il y procède « à une rafle » [sic] au cours de laquelle sont identifiées trente personnes. Il semble cependant que ce soit un habitant de la rue de Rechèvres, sorti de chez lui au moment d’une distribution de tracts, le mardi 28 janvier vers 20 heures (la nuit étant tombée), qui fasse avancer l’enquête de manière décisive en désignant un jeune voisin qu’il a reconnu à la lueur de sa lampe électrique. Interrogé par la police, soumis à une pression certaine, impressionné ou rudoyé, ce garçon de 17 ans finit par dire ce qu’on lui demande, entraînant les aveux circonstanciés d’un autre.

À partir du jeudi 30 janvier et pendant trois jours, de nombreux protagonistes de l’« Affaire Berton et tous autres » sont interrogés au commissariat et soumis à des confrontations. Les autres personnes mises en cause réfutent toute implication. Ainsi, Marguerite Maréchal « se refuse à faire toute déclaration et répond “C’est faux” invariablement à toutes les questions qui lui sont posées et même avant qu’on ne lui pose de question ».