Germaine JAUNAY

Matricule 31782
decede
Photographie de Germaine JAUNAY
Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Convoi 31000

Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Germaine Marie Mouzé naît le 12 octobre 1898 au lieu dit La Bergerie, sur la commune de Francueil (Indre-et-Loire – 37), de Louis Auguste Mouzé, 37 ans, vigneron, et de Catherine Riconneau, 26 ans, son épouse ; les témoins pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil sont un instituteur et un garde champêtre. Le 30 août 1899, neuf mois après la naissance de Germaine, sa mère décède. La fillette est d’abord prise en charge par des voisins (?). En 1901, son père, son frère Jean (7 ans) et sa sœur Pauline (5 ans) habitent au lieu-dit Gourmandière. Puis son frère obtient que Germaine revienne au domicile familial. Elle va quelque temps à l’école communale de Francueil.

Francueil après-guerre. Au premier plan au centre, l’école – accolée à la mairie – et sa cour. Carte postale photographique colorisée. Collection Mémoire Vive.

Le 7 novembre 1904, à Manthelan (37), le père se remarie avec Louise N., 34 ans, dont il a un nouvel enfant, Alida, née le 26 septembre précédent. Quand Germaine a onze ans, sa belle-mère la place dans une ferme. Louis et Louise Mouzé auront encore trois filles, nées en 1904, 1908 et 1910…

Le 16 janvier 1926, à la mairie de Civray-sur-Cher (Cher), Germaine Mouzé se marie avec Alphonse Jaunay, camionneur. Ils ont quatre enfants dont l’aînée naît vers 1927. Son mari, brutal, ne lui donne pas d’argent : Germaine fait des « journées » dans des fermes pour élever ses enfants.

Sous l’Occupation, habitant à la limite des deux zones (vers Bléré ?), elle aide des résistants traqués à franchir la ligne de démarcation.

Le 10 septembre 1942, Germaine Jaunay est arrêtée par le SD de Tours ( Gestapo ) ; en même temps que sa nièce, Rachel Deniau, factrice à Amboise, qui faisait partie du même réseau.

Le 11 septembre, les personnes arrêtées la veille, notamment à Bourré et d’Amboise, sont toutes incarcérées dans l’école Jules Michelet de Tours, alors transformée en prison allemande (et devenue collège depuis). Par la suite, Germaine Jaunay et Rachel Deniau sont probablement transférées à la Maison d’arrêt de la rue Henri-Martin. Depuis la lucarne de sa cellule, Héléna Fournier voit Germaine Jaunay tourner dans la cour avec Raymonde Sergent (sans alors les connaître…).

Le 5 novembre 1942, les hommes des arrestations de Bourré et d’Ambroise (voir Marcelle Laurillou) sont transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise).

Le lendemain, à l’aube du 6 novembre 1942, toutes deux sont parmi les dix-sept prisonnières extraites de leurs cellules pour monter dans deux cars stationnant devant la prison. Dans l’un d’eux se trouve déjà Marcelle Laurillou, restée pendant deux mois à l’école prison Michelet.

Les véhicules s’arrêtent rue de Nantes et les dix-huit détenues sont menées dans la gare de Tours par une porte annexe, échappant ainsi aux regards de la population. Sur le quai, des soldats allemands montent la garde devant le wagon à compartiments où elles doivent prendre place.

À midi, leur train s’arrête à la gare d’Austerlitz, à Paris. On les fait entrer dans une petite salle d’attente équipée de bancs, où des bénévoles de la Croix-Rouge distribuent à chacune un bol de bouillon “Kub” et une tranche de pain noir. Un agent de police française est là pour les accompagner aux toilettes.