Gilberte TAMISÉ

Matricule 31715
decede
Photographie de Gilberte TAMISÉ
Photographie à vérifier
Convoi 31000

Marie, Gilberte Tamisé naît le le 3 février 1912. Son père est bottier à Caudéran, dans la proche banlieue de Bordeaux (Gironde – 33). Le 28 février 1922, sa mère met au monde une petite sœur, Andrée, mais décède alors que le bébé est seulement âgée de sept mois.

Grande sœur, Gilberte devient également la petite mère. Elle quitte l’école Jules-Ferry de Cauderan pour rester auprès de sa sœur et s’occuper du ménage, mais elle reçoit des leçons à domicile jusqu’au brevet élémentaire. Puis elle apprend la sténodactylographie parce que son père veut qu’elle ait un métier, mais elle ne prendra jamais d’emploi.

Andrée fréquente l’école Paul-Lapie, à Caudéran, jusqu’au brevet élémentaire ; quand la guerre éclate, elle n’a pas encore fait choix d’une carrière.

Gilberte et son père sont militants du Parti communiste, bientôt rejoints par Andrée.

En 1940, leur père est arrêté (lors de la vague d’arrestations du 22 novembre ?) puis interné au camp français de Mérignac, près de Bordeaux.

Dès que la résistance prend corps, les deux sœurs cachent une ronéo chez elles, tapent et tirent des tracts, les portent dans tout le département. Andrée anime un groupe d’étudiants bordelais et de jeunes des Auberges de jeunesse (sur une vingtaine de ces jeunes gens et jeunes filles, deux seulement se sont retrouvés après la guerre). Gilberte fait la liaison entre Bordeaux, Bayonne et Tarbes pour un groupe de Francs-tireurs et partisans (FTP).

Alertées par des arrestations opérées parmi leurs camarades étudiants quelques jours plus tôt, les deux sœurs devraient fuir. Mais leur père est dans un camp d’internement. Peuvent-elles l’abandonner et risquer qu’il en subisse des représailles ? Peuvent-elles laisser un prisonnier qui a besoin de vivres, de soutien ?

Le 3 avril 1942, Gilberte et Andrée sont arrêtées chez elles par la brigade du commissaire spécial Poinsot, de la préfecture de Bordeaux. Elles sont emprisonnées au fort du Hâ.

Le 16 octobre 1942, les sœurs Tamisé sont en tête de liste parmi les 70 hommes et femmes – dont 33 futures “31000” (les “Bordelaises” et les Charentaises) – transférés depuis le Fort du Hâ et la caserne Boudet de Bordeaux au camp allemand du Fort de Romainville, situé sur la commune des Lilas (Seine-Saint-Denis – 93), premier élément d’infrastructure du Frontstalag 122. Andrée y est enregistrée sous le matricule n° 935 et Gilberte sous le n° 936.

Pendant trois semaines, les nouveaux arrivants sont isolés, sans avoir le droit d’écrire, puis ils rejoignent les autres internés (hommes et femmes étant séparés mais trouvant le moyen de communiquer).

Le 22 janvier 1943, Andrée et Gilberte font partie des cent premières femmes otages transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquant « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 22.1 »).

Le lendemain, un deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police de Paris). À ce jour, aucun témoignage de rescapée du premier transfert n’a été publié concernant les deux nuits et la journée passées à Royallieu, et le récit éponyme de Charlotte Delbo ne commence qu’au jour de la déportation… Mais Betty Jégouzo confirme ce départ en deux convois séparés, partis un jour après l’autre du Fort de Romainville. Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.