Guiseppe Joseph CARATTONI

Matricule 45328
inconnu
Photographie de Guiseppe Joseph CARATTONI
TransportAquarelle
Convoi 45000

Guiseppe (Joseph) Carattoni naît le 10 juin 1915 à San Marino (Italie).

Pendant un temps, il est domicilié à Gouraincourt, 10 km au nord d’Étain (Meuse – 55) ; son adresse reste à préciser. Il est célibataire.

Il est manœuvre (dans quelle entreprise ? à vérifier…).

Sous l’occupation, il dirige un groupe du parti communiste clandestin, actif notamment par la distribution de tracts. Il a sous ses ordres une section en contact avec René Getti, de Longlaville.

Le 8 novembre 1941, Joseph Carattoni est arrêté à Longwy (Meurthe-et-Moselle – 54) comme communiste : il est interné administrativement au centre de séjour surveillé d’Écrouves, près de Toul (54) quand il est désigné comme otage.

Dans la nuit du 4 au 5 février 1942, un groupe de résistance communiste mène une action de sabotage contre le transformateur électrique de l’usine sidérurgique d’Auboué qui alimente également dix-sept mines de fer du Pays de Briey. Visant une des sources d’acier de l’industrie de guerre allemande (Hitler lui-même s’en préoccupe), l’opération déclenche dans le département plusieurs vagues d’arrestations pour enquête et représailles qui concerneront des dizaines de futurs “45000”.

Guiseppe Carattoni est inscrit – n°2 – sur une « liste communiquée le 19 (février ?) au soir à la KK ( Kreiskommandantur ) de Briey par le sous-préfet » pour préciser la nationalité de cinquante-trois hommes : il est désigné comme français (par naturalisation).

Le 5 mars, Joseph Carattoni est parmi les trente-neuf détenus transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Dans ce camp, il discute politique avec Raymond Montégut du degré de sacrifice qu’un militant peut consentir pour obéir aux ordres du Parti.

Entre fin avril et fin juin 1942, Joseph Carattoni est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Tergnier, Laon, Reims… Châlons-sur-Marne : le train se dirige vers l’Allemagne. Ayant passé la nouvelle frontière, il s’arrête à Metz vers 17 heures, y stationne plusieurs heures et repart à la nuit tombée : Francfort-sur-le-Main ( Frankfurt am Main ), Iéna, Halle, Leipzig, Dresde, Gorlitz, Breslau… puis la Pologne occupée. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Joseph Carattoni est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45328 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).