Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Gustave, Léon, Lucien, Depriester naît le 7 janvier 1901 à Calais (Pas-de-Calais), fils de Gustave Depriester et de Rachèle Normand.
Le 20 août 1921, il se marie avec Marthe Isaert. Ils auront un enfant.
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 100, rue d’Amsterdam à Paris 9e, vers la place de Clichy (avant, il a une autre adresse au 57, rue Custine à Paris 18e, au pied de la Butte Montmartre, vers la rue du Mont-Cenis).
Gustave Depriester travaille (?) au journal Ce Soir jusqu’à l’interdiction de celui-ci en septembre 1939. Il est secrétaire d’une section du Parti communiste.
Ensuite (à Aincourt), il se déclare comme comptable.
Dans la clandestinité – dès novembre 1940 -, il est responsable politique du quartier des Grandes Carrières [1]. La police française le considère comme un « militant communiste très actif ».
En novembre 1940, deux inspecteurs de la brigade spéciale (anticommuniste) des Renseignements généraux exerçant des « surveillances » dans le 18e arrondissement ont leur attention attirée sur le couple Legendre, demeurant au 52, rue du Ruisseau, recevant de nombreuses visites, s’absentant souvent et soupçonnés pour ces raisons d’être au nombre des principaux responsables de l’activité clandestine dans l’arrondissement. Parmi les visiteurs, les policiers identifient Gustave Depriester. Le 27 novembre au soir, les époux Legendre passent brièvement chez eux, disant qu’ils sont convoqués à la préfecture de police et s’attendent à être arrêtés. Ignorants quel service s’étaient occupés d’eux, ainsi que la raison, les deux policiers de la BS se rendent au domicile de Gustave Depriester où ils l’attendent.
C’est ainsi que, le 29 novembre 1940, à 13 heures, celui-ci est appréhendé devant son domicile. Il reconnaît aussitôt être en relation avec Legendre qui lui remet quelquefois des exemplaires de L’Humanité « pour le tenir au courant », ajoutant qu’il détient dans son appartement du sixième étage un exemplaire de La vie du Parti daté d’octobre 1940. Dans un petit salon, sous une table, les inspecteurs trouvent également des brochures antérieures à la dissolution du PCF. Il est conduit au Dépôt de la préfecture de police « en vue de son transfert à Aincour t ».
Aincourt. Le sanatorium de la Bucaille. Au premier plan, le pavillon qui fut transformé en camp d’internement. Carte postale oblitérée en 1958. Coll. Mémoire Vive.
Le 4 décembre 1940, Gustave Depriester fait partie d’un groupe d’une centaine de d’internés « choisis parmi les plus dangereux » transférés, par mesure préventive ou disciplinaire (?), à la Maison centrale de Fontevraud-L’Abbaye [2], près de Saumur (Maine-et-Loire) ; leur transport s’effectue en car et sous escorte. Les détenus sont enfermés dans une grande salle commune de la Centrale.
Fontevraud, l’ancien réfectoire des moines. Carte postale des années 1900. Collection Mémoire Vive.