Hélène ANTOINE

Matricule 31775
survivant
Photographie de Hélène ANTOINE
Photographie à vérifier
Convoi 31000

Hélène Demangeat naît le 24 juillet 1898 à Thaon (Vosges – 88).

Après le certificat d’études, elle quitte son pays natal pour aller travailler dans une filature, à Troyes (Aube – 10).

Dans cette usine, elle rencontre René Antoine, mécanicien-ajusteur, né le 21 juin 1904 à Bordeaux (Gironde – 33). Ils se marient et partent s’installer peu après dans les environs de Bordeaux. Ils ont un fils, Michel, né vers 1932.

Au moment de leur arrestation, ils sont domiciliés au 91 cours de Luze à Bordeaux. René Antoine, alors ouvrier à l’usine d’aviation SNCASO du quartier de Bacalan, rue Blanqui, est fiché comme communiste.

Pendant l’occupation, Hélène et René Antoine sont dans les Francs-tireurs et partisans (FTP). Ils ont creusé un trou dans leur jardin pour y cacher des armes, ils hébergent des résistants entrés en clandestinité.

Le 4 août 1942, interrogé après sa deuxième arrestation par le commissaire spécial Poinsot des RG de Bordeaux, l’ancien clandestin communiste Pierre Giret met en cause René Antoine, qu’il avait précédemment contacté sur instruction de Lucien (Arlas). Il déclare que René Antoine est susceptible d’héberger des individus dans l’illégalité et que celui-ci lui avait remis un “yatagan” fourni par Robert Laurent, un “garagiste” d’Eysines qui pourrait en avoir quatre cents autres.

Lors de son interrogatoire du 13 août, l’épouse de Pierre Giret elle-même dénonce la famille Antoine qui l’a hébergée une dizaine de jours après son évasion (?) de l’Hôpital Saint-André. Elle révèle les « paroles imprudentes échappées au jeune Antoine » (Michel, 10 ans) : « le père aurait caché des revolvers ». Elle ajoute : « suivant les dires de la mère, des armes des bombes et des pièces détachées de mitrailleuses seraient également cachées dans une maison dont elle a la garde. J’ai l’impression que ce dépôt intéresse une organisation gaulliste ».

Ce qu’on peut savoir : René Antoine avait reçu deux colis d’explosifs qu’il avait confiés à Marcel Villenave pour que celui-ci les dissimule.

Le 26 août 1942, toute la famille Antoine est arrêtée par la police française.

Hélène et son fils Michel sont emprisonnés à la caserne Boudet, rue de Pessac à Bordeaux, qui dispose d’une prison militaire utilisée comme annexe du Fort du Hâ.

Quelques jours plus tard, la police place l’enfant âgé de dix ans au Haut-L’Evêque, à l’Alouette, Pessac (33), un sanatorium où des enfants qui ne sont pas malades occupent un quartier. Dès qu’il apprend où est l’enfant, un oncle, frère de René Antoine, va le chercher et, avec la complicité d’un directeur de l’établissement, le retire (le bruit court que ces enfants vont être déportés). Le petit Michel, caché dans le camion à gazogène de son oncle, est conduit chez des amis, dans les Pyrénées.

René Antoine subit des « interrogatoires répétés », selon la terminologie de Poinsot (rapport du 14-09-1942).