La jeunesse
Hélène naît le 25 mai 1923 à Paris dans une famille d’origine polonaise. Son père, François Brabander, est docteur, sa mère, Sophie Brabander, a une formation juridique. Hélène a un frère cadet, Romuald, né le 5 mars 1926.
Une résistance polonaise en France
La famille Brabander appartient à une organisation de résistants d’origine polonaise en France, POWN ( Polska Organizacja Walki o Niepodleglosc – Organisation polonaise de lutte pour l’indépendance), connue sous le nom de réseau Monika.
L’arrestation de toute la famille Brabander
Le 29 septembre 1942, la Gestapo arrête à leur domicile les parents d’Hélène, puis, quelques heures plus tard, leur fils Romuald, seize ans. Ils sont emmenés rue des Saussaies (siège de la Gestapo à Paris), enfermés séparément dans des cellules pendant quelques heures, puis, après un interrogatoire succinct, internés le soir même au fort de Romainville (sur la commune des Lilas, Seine-Saint-Denis). Père et fils sont mis au quartier des hommes. La mère y est enregistrée sous le matricule 832.
Le lendemain Hélène est prise à son tour : elle était resté coucher chez les amis où elle avait dîné et est arrêtée au matin, en rentrant au domicile familial. Elle est aussitôt conduite au Fort de Romainville (matr. 840) où elle retrouve sa mère.
En novembre, après avoir passé une nuit dans les casemates du fort, le docteur Brabander et Romuald sont transférés au camp de Royallieu à Compiègne (Oise).
Le docteur Brabander est désigné comme médecin du camp.
Le 21 janvier 1943, Sophie et Hèlène Brabander font partie des cent premières femmes otages internées au Fort de Romainville qui sont transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 21.1 »). Le lendemain, un deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police de Paris).
Romuald Brabander reconnaît sa sœur derrière les barbelés où sont cantonnées les nouvelles arrivantes, mais ne parvient pas à se faire apercevoir d’elle. Le docteur Brabander demande alors l’autorisation de parler à sa femme et sa fille, mais celle-ci lui est refusée.
Le 23 janvier, en fin de journée, François et Romuald Brabander sont parmi plus de 1450 détenus détenus hommes du camp qui sont conduits à pied sous escorte à la gare de Compiègne, jusqu’à un quai de marchandises où il sont entassés dans des wagons à bestiaux.