Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Henri, Albert, Charlier naît le 15 septembre 1900 à Besmont (Aisne), au domicile de son grand-père maternel, Hyppolite Charlier, 39 ans, manouvrier ; il est le fils de Marie Charlier, 20 ans, manouvrière, et d’un père non déclaré.
Pendant un temps, il habite à Maulette (Seine-et-Oise / Yvelines) avec sa mère et commence à travailler comme mouleur
Le 6 mars 1920, à la mairie de la commune voisine d’Houdan, Henri Charlier épouse Marie-Louise Petitot, née le 24 juillet 1901 dans ce bourg, habitant chez ses parents au 3, rue des Clos de l’Écu.
Dix jours plus tard, le 16 mars, Henri Charlier est incorporé comme soldat de 2e classe au 150e régiment d’infanterie ; alors qu’il y était appelé pour accomplir son service militaire, l’armée l’a considéré comme « non rentré en temps utile par cas de force majeure ». Du 1er juin 1920 au 25 avril 1921, son unité participe à l’occupation de la Rhénanie par les Armées françaises du Rhin (AFR). Il passe ensuite au 101e régiment d’infanterie. Le 25 novembre 1921, il est nommé soldat de 1re classe. Le 2 mars 1922, il est « envoyé dans la disponibilité », titulaire d’un certificat de bonne conduite.
Les deux premiers enfants de Henri et Marie-Louise naissent à Houdan : Robert Henri, né le 24 avril 1920, et Simone, née le 30 juin 1923.
En décembre 1924, la famille est installée au 24, rue aux Juifs aux Mureaux (Seine-et-Oise / Yvelines). Henri Charlier est mouleur dans une fonderie de la ville, peut-être en sous-traitance de l’industrie aéronautique. Lors du recensement de 1926, la famille habite au 1, rue du Pont-Galon. Leur troisième enfant, Henri, naît dans cette commune le 17 février 1927.
Cette année-là (1927), du 7 juin au 1er juillet, Henri Charlier effectue une période de réserve au 51e bataillon militaire indochinois. Le 16 juillet suivant, il est nommé caporal de réserve.
En 1932, les Charlier arrivent au Blanc-Mesnil [1] (Seine / Seine-Saint-Denis). Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 58, rue des Marguerites dans cette commune.
Henri Charlier est un militant communiste.
En février 1939, l’armée le classe dans l’“affectation spéciale” comme mouleur aux Fonderies modernes de l’automobile, à Bondy, probablement l’entreprise où il était alors employé et où il est ensuite mobilisé après le déclenchement de la guerre.
Après l’interdiction du Parti communiste, puis sous l’Occupation, il reste très actif dans la clandestinité, recevant des tracts pour les distribuer aux autres militants. Sa femme, partageant ses idées, est « aussi acharnée que lui » et l’encourage.
