Henri FERCHAUD

Matricule 45535
decede
Photographie de Henri FERCHAUD
Henri Ferchaud © Jean-Luc Ferchaud — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/09/ferchaud-henri/
Convoi 45000

Henri, Louis, Ferchaud naît le 14 décembre 1895 à Gonnord [1] (Maine-et-Loire – 49), chez ses parents, Jean Ferchaud, 35 ans, tailleur d’habits, et Anne Onillon, son épouse, 29 ans. Henri a deux sœurs, Marie Joséphine, née le 19 mars 1889 (décédée le 23 septembre 1915), Isabelle Henriette, née le 23 août 1890 (décédée le 13 août 1919), et deux frères plus âgés, Jean, né le 11 août 1892, Alphonse, né le 12 septembre 1893, et une sœur cadette, Adrienne, 19 décembre 1898, tous à Gonnord.

Devenu adulte, Henri Ferchaud est un homme plutôt grand pour l’époque : 1 m 77.

Pendant un temps, il habite à Chemillé (49) [2] et travaille comme maréchal-ferrant.

Le 17 décembre 1914, il est mobilisé comme soldat de 2e classe au 32e régiment d’infanterie. Le 21 mars 1915, après l’achèvement de sa période d’instruction, il passe au 409e R.I., nouvellement créé avec à sa tête des officiers ayant déjà combattu depuis l’entrée en guerre (il y restera affecté jusqu’après l’armistice). Le 7 mai suivant, Henri Ferchaud part « en campagne » avec la 5e compagnie, rejoignant le secteur de Lassigny (Oise).

Le 2 mars 1916, au nord-est de Verdun, le 409e R.I. monte en première ligne dans le secteur de Vaux-devant-Damloup (village de la Meuse complètement détruit) après une avancée allemande. De nombreuses reconnaissances sont opérées afin de déterminer exactement l’emplacement des premières lignes ennemies. À partir du 6 mars, offensives et contre-offensives se multiplient sous des avalanches d’obus, sans être décisives : plus de 1600 hommes sont mis hors de combat. Le 9 mars, le régiment est relevé. Le 16 mars, le soldat Ferchaud est cité à l’ordre de son régiment : « S’est brillamment comporté au cours d’un coup de main, qui a d’ailleurs pleinement réussi ». Le 9 avril, il est nommé soldat de 1re classe.

À partir du 10 octobre 1916, le 409e R.I. est à l’offensive dans le secteur d’Ablaincourt, village de la Somme alors complètement détruit, et reprend un peu de territoire sur l’ennemi, dont les contre-attaques échoueront. Le régiment est relevé le 27 octobre. Le 2 novembre, Henri Ferchaud est de nouveau cité : « Agent de liaison, malgré des tirs de barrage ennemis et de violents bombardement, a porté des ordres à sa section et a assuré la liaison avec les unités voisines, montrant ainsi le plus beau mépris du danger ».

En mai 1917, le 409e R.I. est engagé dans les combats devant Cauroy-lès-Hermonville (Marne), l’objectif « limité » de la 167e division étant de « r ectifier son front et de conquérir des observatoires possédant des vues plus étendues sur la position ennemie ». Le 9 mai, lors d’une attaque montant depuis le canal de la Marne à l’Aisne vers la tranchée von Hoesler, devant le petit bois du Champ du Seigneur, Henri Ferchaud aide puissamment « à la progression dans la tranchée conquise en s’exposant à découvert pour briser les dernières résistances et fait des prisonniers » (une centaine sont capturés au total). Après les contre-attaques adverses, le terrain est abandonné. Le fantassin est néanmoins cité à l’ordre du régiment le 14 juin.

Le 23 octobre 1917, le 2e bataillon du 409e R.I. étant chargé de ravitailler en munitions les troupes d’assaut de la 42e division d’infanterie au cours de l’offensive victorieuse de La Malmaison, sur les commune de Chavignon (Aisne), Henri Ferchaud est blessé par éclat d’obus à l’épaule droite, puis évacué. Le 27 novembre, il est cité à l’ordre de la division. Ces multiples actes de courage lui valent la Croix de guerre avec une étoile d’argent et trois étoiles de bronze. Le 1er juillet 1918, il est nommé caporal. Par le décret du 7 juin 1928, il recevra la Médaille militaire.

Le 4 janvier 1919 à Saint-Denis-en-Val, près d’Orléans (Loiret – 45), Henri Ferchaud se marie avec Marguerite Poitou, couturière, née le 14 juillet 1895 dans cette commune.

Le 10 avril suivant, Henri Ferchaud est mis à la disposition de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (P.O.), laquelle fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [3]. Le 29 septembre, Henri Ferchaud est classé dans l’“affectation spéciale” à la 3e section des Chemins de fer de campagne, comme ouvrier d’entretien à Orléans. Le 20 décembre, il est mis en congé de démobilisation, titulaire d’un certificat de bonne conduite.

Il est alors ouvrier ferreur aux ateliers d’entretien du matériel des Aubrais.

La gare des Aubrais dans les années 1900. Carte postale. Collection Mémoire Vive.