Henri JOUFFIN

Matricule 45693
decede
Photographie de Henri JOUFFIN
ENP Vierzon 1934. Il s’agit peut-être d’Henri Jouffin — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/12/jouffin-henri-jean/
Convoi 45000

Henri, Jean, Jouffin naît le 3 octobre 1916 à Saignes (Cantal), fils d’Henri Jouffin, 34 ans, jardinier, alors mobilisé, et de d’Anna (Coullon ?), 27 ans, son épouse, jardinière.

Le 11 août 1914, son père, rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du 1er août, a rejoint le 95e régiment d’infanterie, 10e compagnie. Le 20 décembre 1914, il a été évacué pour oreillons et dirigé sur des « hôpitaux inconnus » jusqu’au 1er février 1915 (époque de la conception de son fils ?).

Le samedi 23 octobre 1915, dans le secteur de la tranche Tête-à-Vache, en forêt d’Apremont (Meuse), Henri Jouffin père est blessé par un éclat de bombe à la cuisse droite, à l’avant-bras droit avec fracture du cubitus, et lésion à l’œil droit par éclat d’obus (ce jour-là, le régiment compte trois tués et trois blessés). Il est évacué aux hôpitaux de Commercy et de Neufchâteau. Puis, jusqu’au 13 décembre, il est à l’hôpital 103 de Nîmes. Après onze jours de convalescence, il rejoint le dépôt. Le 1er juin 1916, il passe au 416e R.I. Le 18 janvier 1917, les pieds gelés, il est évacué vers une ambulance, puis, le 22 janvier, vers l’hôpital canadien de Troyes. Le 6 mars, il part en convalescence et revient aux armées le 28 mars. Le 25 avril 1918, lors de l’offensive allemande sur le mont Kemmel (Flandre occidentale, Belgique), Henri Jouffin père est atteint par balle aux testicules, puis fait prisonnier de guerre (le régiment a été à peu près anéanti). Rapatrié le 5 janvier 1919, Henri Jouffin passe au 139e R.I. Le 3 septembre suivant – pour sa dernière blessure – il est réformé n° 1 avec une invalidité permanente par décision de la commission de réforme de Clermont-Ferrand.

Le 1er avril 1921, la famille habite au lieu-dit Layre à Saignes.

En 1931, la famille habite au lieu dit “Givry” à Foëcy, commune limitrophe de Vierzon à l’est (Cher). Henri Jouffin père héberge la mère de son épouse, Anna (elle aussi), épouse Coullon, 63 ans. Pendant un temps, Henri Jean Jouffin suit une formation à l’école nationale professionnelle Henri-Brisson de Vierzon.

Vierzon. Atelier d’ajustage de l’École nationale professionnelle Henri Brisson. Carte postale des années 1900. Collection Mémoire Vive.

En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Henri Jean Jouffin habite toujours chez ses parents. Il est resté célibataire.

Cette même année 1936, il est déclaré comme ajusteur à (la Compagnie des chemins de fer de) l’État ; à vérifier…

C’est un militant communiste.

À des dates et pour un motif restant à préciser, Henri Jean Jouffin est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).