Henri PHILIPPART

Matricule 45979
decede
Photographie de Henri PHILIPPART
Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Henri, Eugène, Louis, Philippard (parfois orthographié Philippart) naît le 22 mars 1909 à l’« hospice » de Lisieux (Calvados – 14), 2 rue de Paris (devenu hôpital Henri Chéron), fils d’Alfred Éléonor Philipppard, 30 ans, dresseur de chevaux, et de Célestine, Albertine, Lefrançois, 20 ans, chemisière, mariés à Beuzeville (Eure) où celle-ci est née, et domiciliés au 28, place Victor-Hugo à Lisieux. Ils y habitent encore en avril 1914, au n° 64. Après Henri, ses parents auront trois autres enfants : d’abord Yvonne Léontine Choulotte, née le 22 mars 1911, et Louise Georgette Émilienne, née le 8 avril 1912, toutes deux à Lisieux…

Le 25 août 1914, à la suite du décret de mobilisation générale, Alfred Philippard est rappelé à l’activité militaire et rejoint le 20e régiment territorial d’infanterie à Lisieux. Il passe (?) au 319e régiment d’infanterie. Le 7 juin 1915, à Écurie, près de Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), lors d’un assaut dans le secteur du “Labyrinthe”, il est porté disparu (il sera déclaré décédé à cette date par jugement du tribunal civil de Lisieux le 1er décembre 1920).

Le 11 février 1916, naît Georges Victor Albert, frère d’Henri.

Le 6 septembre 1918, les quatre enfants Philipppard sont adoptés par la Nation par jugement du même tribunal.

Au moment de son arrestation, Henri Philippart est domicilié au 49, rue Albert-Fracasse à Deauville (14). Marié et père de deux enfants, il est jardinier.

Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, il est arrêté à son domicile par la police française ; il figure comme “communiste” sur une liste d’arrestations exigées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du deuxième déraillement d’un train de permissionnaires allemands à Moult-Argences (Airan) [1].

Le 4 mai, il est emmené au “petit lycée” de Caen, rejoindre les autres otages du Calvados. Le soir, même, il fait partie du groupe de détenus transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai en soirée.

La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).

Entre fin avril et fin juin 1942, Henri Philippart est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.