Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Jacques Grynberg naît le 22 octobre 1897 à Litzmannstadt (Lodz – Pologne), il émigre en France en 1921 avec son épouse, étudiante en chimie comme lui. Il est naturalisé français le 13 novembre 1928.
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 55, rue Saint-Léonard à Honfleur (Calvados – 14). Il a une fille.
Jacques Grynberg est Ingénieur chimiste à la CECA à Honfleur [1].
Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, il est arrêté à son domicile par la police française. Figurant comme Juif sur une liste d’arrestations demandées par la Feldkommandantur 723 de Caen (14) à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan – 14) [2], il est conduit à la prison de Pont-l’Évêque (14). Le 3 mai, remis aux autorités d’occupation, il est emmené au “petit lycée” de Caen où sont rassemblés les otages du Calvados et où ils passent la nuit. Le 4 mai, Jacques Grynberg fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandise de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai, en soirée.
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Entre fin avril et fin juin 1942, Jacques Grynberg est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Jacques Grynberg est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46281 ; les cinquante otages déportés comme Juifs ont reçu les matricules de 46267 à 46316 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau ; alors choisi pour mettre en œuvre la « solution finale » – le génocide des Juifs européens -, ce site en construction présente un contexte plus meurtrier pour tous les concentrationnaires. À leur arrivée, les “45000” sont répartis dans les Blocks 19 et 20 du secteur B-Ib, le premier créé.
