Jacques, Eugène, Hirtz naît le 17 juillet 1918 à Paris 5e, chez ses parents, Samuel Hirtz, 33 ans, alors sculpteur sur bois, et Sophie Hirtz, son épouse, 29 ans, domiciliés au 32 boulevard Saint-Marcel. Jacques Hirtz est fils unique. N’appartenant à aucun culte, il se considérera comme aryen, bien qu’ayant deux grands-parents juifs.
Lors du recensement de 1926, la famille est domiciliée au 8, rue Sedaine (Paris 11e).
Après 1931 (?), celle-ci emménage dans un bel immeuble au 26 bis, rue Charles-Baudelaire à Paris 12e (face au square Trousseau). En 1932, le père est devenu employé de commerce. En 1936, il travaille pour les Établissements M. Meyer, sis au 30 rue Beaurepaire (Paris 10e), et son épouse est employée par la Maison M. Meyer (sic) au 60 rue de Cléry (Paris 2e). Plus tard (?), ils deviendront marchands de meubles.
La poursuite de ses études amène Jacques Hirtz jusqu’à une licence en Droit.
Le 30 décembre 1935, le bureau central et du personnel du Service d’exploitation des tabacs et allumettes, dépendant du ministère des Finances, écrit à la préfecture de police pour demander si rien ne s’oppose à l’inscription de Jacques Hirtz à un concours de recrutement du personnel de cette administration devant avoir lieu les 24 et 25 février suivants. Le rapport rendu par la direction des renseignements généraux le 27 janvier suivant répond que les renseignements recueilles sur son compte sont favorables.
Le 7 août 1936, le directeur régional des Postes et des télégraphes de Paris écrit à la préfecture de police pour demander de lui transmettre des renseignements sur Jacques Hirtz, qui sollicite un emploi de « surnuméraire » (sic) le 21 septembre précédent.
Puis, le jeune homme sollicite son inscription au concours de stagiaire au sein de la direction des contributions indirectes de la Seine devant avoir lieu les 8 et 9 mars 1937.
Selon une déclaration ultérieure à la police, Jacques Hirtz n’est pas adhérent du Parti communiste, ni à aucune autre organisation politique.
Il fait du camping au sein de l’ Union des Amis de la Nature , ou groupement naturiste des Amis de la Nature, affilié à la FSGT. Au cours de parties de camping, il rencontre Victoria Doussavitzky, dite « Doussa », née le 6 décembre 1902 à Pétrograd (Russie). Fin 1937 début 1938, il rencontre également Andrée Parizel, née Suize le 10 janvier 1903 à Paris 3e, comptable à la société Carsol, sise au 4, rue Cheveau-Lagarde (Paris 8e), également membre des Amis de la Nature. Elle est connue de la police pour avoir été arrêtée le 10 septembre 1934, rue Warin, pour vente du journal L’Écho du Combat , organe de la cellule communiste du quartier. Elle était alors membre du 19e rayon de la région Paris-Ville du Parti communiste et de la 19e section du secours rouge international.
Avant-guerre, Jacques Hirtz entre comme comptable à la société Carsol, où travaille Andrée Parizel qui devient sa collègue. Pour s’y rendre, il utilise sans doute la ligne de métro n° 8, en la prenant à la station Ledru-Rollin pour en sortir à la Madeleine.
Le 4 novembre 1938, Jacques Hirtz est incorporé au 25e régiment de tirailleurs algériens afin d’y accomplir son service militaire (renonçant à un sursis datant probablement de son ancien statut d’étudiant). Le 6 décembre suivant, il est affecté au 26e régiment d’infanterie (R.I.). Le 3 mai 1939, il est nommé sergent « de réserve ». Le 1er septembre, la guerre est déclarée. Le 8 septembre, il est admis à l’hôpital de Lunéville, d’où il sort deux semaines plus tard, le 23 septembre, rejoignant le dépôt 204. Le 5 novembre, il passe au 26e R.I., mais, déclaré « inapte à faire campagne », il est affecté à la compagnie de passage du même dépôt. Le 10 février 1940, il passe au 133e régiment d’infanterie de forteresse, considéré dès lors comme étant « aux armées ». Le 1er mars suivant, il est affecté au 348e R.I. Suite à la défaite des armées françaises, l’armistice est signé le 22 juin. Le 13 septembre 1940, la commission de réforme de Clermont-Ferrand réforme temporairement n° 2 Jacques Hirtz pour « séquelles de fracture du gros orteil droit par balle, gêne notoire à la marche (extension douloureuse) ». Le lendemain, il est « renvoyé dans ses foyers ».
Il rentre à Paris, alors que ses parents restent réfugiés en zone libre aux environs de La Bourboule (Puy-de-Dôme).