Jean, Antoine, Cazorla naît le 8 novembre 1912 à Maalifs, près de Saïda, région d’Oran (Algérie), fils d’Indalecio Cazorla (décédé avant 1939) et de Maria Ruiz, son épouse. En plus du français, Jean Cazorla parle espagnol et arabe.
De 1923 à 1926, il effectue trois années d’apprentissage à Oran.
Plus tard, il se déclarera comme ouvrier peintre et également avoir développé une certaine activité dans les Jeunesses communistes en 1930.
En 1931, il devance l’appel et effectue 18 mois de service militaire au 2e régiment de hussards à Tarbes (Hautes-Pyrénées). Ayant accédé au rang de caporal-chef, il est sergent dans la réserve.
À Oran, Jean Cazorla est embauché par la maison Guillermina construction (4000 employés). Il adhère à la CGTU. En 1933, il est secrétaire du syndicat CGT des ouvriers peintres. En 1934, il participe à un mouvement revendicatif et reste au chômage pendant cinq mois. En 1935, à Oran, il adhère à la FST (?). Il est arrêté à plusieurs reprises pour propagande révolutionnaire, restant détenu quelques jours sans comparaître devant un tribunal. Pendant un temps, il est représentant de commerce en teintures.
Le 30 mai 1936, à Aubervilliers [1] (Seine-Saint-Denis – 93), il se marie avec Célestine Cafferini, née le 23 septembre 1909 dans cette commune. Ils auront un fils. À partir du mois d’août de cette année, ils habitent au 16, rue des Postes.
Jean Cazorla est alors employé par la maison Maggi Kub, quai de la Loire à Paris 9e. Syndiqué à la CGT réunifiée, il est délégué de fabrique de juin 1936 jusqu’au 3 octobre suivant. Il habite alors au 16, rue des Postes à Aubervilliers.
Pendant la guerre civile Espagnole, il s’engage dans les Brigades internationales, comme sympathisant du PCF, pour défendre la République contre la rébellion du général Franco soutenue militairement par Hitler et Mussolini. Après s’être adressé rue Mathurin-Moreau à Paris, il arrive en Espagne le 10 octobre 1936, ayant franchit la frontière illégalement. Il est affecté au deuxième bataillon, Commune de Paris , dans la 11e brigade. Le 23 novembre 1936, au cours de la bataille de Madrid, il est nommé lieutenant. Il participe également aux batailles du Jarama (fév.-mars 1937), de Guadalajara (mars à août 1937) et de Guadarama.
Le 13 juillet, il est nommé sous-directeur de l’intendance de la 11e brigade.
Le 14 mars 1938 à Albacete, Jean Cazorla remplit, en espagnol, une biographie de militant (65 questions) à en-tête du Parti communiste d’Espagne, dans laquelle il déclare pouvoir s’appuyer sur les témoignages du major Dupré (probablement l’espion Henri Dupré), du lieutenant Diancof, du sergent Mario Agazzi, du commissaire Marcel Prunier, du capitaine Trable (?), et de Marc Sauvau (?), commissaire de guerre du 13e bataillon de la 14e brigade. Le 7 mai, il répond de nouveau au même questionnaire. Le 15 mai, le Parti communiste espagnol, qui envisage de le faire adhérer, demande au PCF d’effectuer une enquête politique à son sujet.
Une puissante offensive des troupes “nationalistes”, lancée le 9 mars et reprise le 21 mars, et traversant l’Aragon en direction de la Méditerranée contraint à évacuer la base des brigades d’Albacete pour l’établir à Olot, puis à Barcelone.
Le 21 septembre 1938, le gouvernement républicain de Juan Negrín se soumet à la décision de la Société des Nations et dissout les Brigades internationales. Deux jours plus tard, les brigadistes livrent leur dernier combat. Ils sont ensuite progressivement regroupés : le 27 octobre 1938, les volontaires des armées du Centre et du Levant sont rassemblés à Valence, tandis que ceux qui sont engagés en Catalogne sont réunis à Barcelone. Cependant, le nom de Jean Cazorla figure sur une liste de volontaires intitulée « Convoi du 5.10.38 » ; peut-être a-t-il été rapatrié dès cette date.