Jean ÉVEN

Matricule 45524
decede
Photographie de Jean ÉVEN
Jean Even le 8 juillet 1942 à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/04/even-jean-francois-marie/
Convoi 45000

Jean, François, Marie, Éven naît le 22 août 1919 à Quéven (Morbihan), fils de Jean Louis Even, 28 ans, cultivateur, et de Jeanne Marie Hellou, 28 ans, son épouse. Son père, incorporé dans les équipages de la Flotte en octobre 1912 – et ayant navigué du 2 août 1914 au 26 novembre 1917 sur le torpilleur Chasseur puis sur le croiseur Marseillaise , jusqu’à devenir quartier maître chauffeur, affecté au 3e dépôt de Lorient – vient d’être envoyé en “congé illimité de démobilisation”.

Fin février 1920, Jean Louis Even habite au 2, rue des Cordeliers à Bressuire (Deux-Sèvres). Le 5 décembre suivant, l’armée le classe “affecté spécial” aux Chemins de fer de l’État comme homme d’équipe à Bressuire.

Le 12 octobre 1925 à Ferrières-en-Bray (Seine-Inférieure / Seine-Maritime – 76), Jean Louis Even épouse en secondes noces Marthe Perré, née le 16 septembre 1904 à Ménonval (76), Marthe Perré, née le 16 septembre 1904 à Ménonval (76), laquelle a déjà un fils, André Perré, né le 14 juillet 1923 à Gournay (76). Jean Louis et Marthe Éven ont ensemble trois autres enfants : René, né le 16 juillet 1926, Yves, né le 7 juillet 1928, tous deux à Ferrières-en-Bray, et Yvette, née le 23 août 1930 à Gisors (Eure – 27).

À la mi-novembre 1928, le père avait emménagé dans cette dernière ville avec sa famille.

Le 15 juillet 1931, l’armée classe Jean Louis Even “affecté spécial” comme wagonnier.

Au moment de son arrestation, Jean Éven est domicilié chez ses parents, rue de Flavacourt à Gisors, près de la gare de marchandises (devenue rue Pierre-Sémard après-guerre ? une cité de cheminots ?). Il est célibataire.

Jean Éven travaille d’abord comme typographe à L’Avenir du Vexin à Gisors.

Avant-guerre, il est secrétaire des Jeunesses communistes de Gisors.

De la classe 1939, Jean Éven est mobilisé au cours de la “drôle de guerre”. N’ayant pas été fait prisonnier, il retourne dans ses foyers. C’est probablement alors qu’il est embauché comme manœuvre à l’usine de la Société Carbone-Lorraine, dite “Carbone” (plus tard, Compagnie Industrielle des Piles Électriques, CIPEL) à Gisors.

Le 23 octobre 1941, des Feldgendarmes encadrant son père viennent en voiture arrêter Jean Even sur son lieu de travail. Une liste d’otages établie mentionne son arrestation pour « activité communiste » et sa détention à la Maison d’arrêt d’Évreux (27), ainsi que celle de Maurice Élet, d’Ézy-sur-Eure (27), et de Roger Gaudeau, du Petit-Andelys (27). Selon la rumeur, des tracts auraient été trouvés au domicile du jeune ouvrier.

À une date restant à préciser, Jean Éven est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; il s’y trouve le 31 décembre 1941, inscrit sur la liste des “jeunes communistes” sous le n° 2005.

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.