Jean Guénon naît le 11 septembre 1916 au lieu dit Matrat, sur la commune de Clérac (Charente-Inférieure / Charente-Maritime – 17), fils de Marguerite Guénon, 20 ans, et de père inconnu (« enfant naturel »).
Le 3 février 1936, Jean Guénon est condamné à 18 jours de prison avec sursis pour mendicité en réunion.
Jean Guénon (ou Bastard ?) est de la classe 1936…
Au début de la guerre, il est domicilié au 17 impasse Terre-Nègre à Floirac, dans la banlieue bordelaise (33), et travaille comme manœuvre.
Il est célibataire.
Au cours de l’hiver 1940-1941, il travaille au Centre de rassemblement des travailleurs ruraux de Mios (33), dans la forêt des Landes, sur la rivière Eyre ; informations à compléter…. Le jeune homme quitte les lieux le 1er février. Après son départ, la direction du centre découvre « des brochures communistes à la place qu’il occupait dans un baraquement » et en informe la police française.
Le 5 mars 1941, des inspecteurs perquisitionnent son domicile à Floirac et y trouvent sa carte d’adhésion au Parti communiste et un « catalogue d’ouvrages à caractère révolutionnaire ». L’enquête menée alors sur son compte permet de recueillir des témoignages selon lesquels il s’était livré à une propagande communiste au Centre de Mios.
Il est aussitôt arrêté et conduit au Fort du Hâ, Maison d’arrêt de Bordeaux. Le lendemain 6 mars, il est déféré au Parquet pour infraction au décret du 26 septembre 1939 portant dissolution des organisations communistes. Il est emprisonné jusqu’au 19 août.
Bordeaux. La rue du Palais-de-Justice et le Fort du Ha. Carte postale oblitérée en 1904. Collection de Jean-Paul Dauris.
Entre temps, le 29 mars 1941, il a été condamné par défaut à trois mois de prison pour vol (?) ; le 24 avril, le jugement était confirmé en appel.
Le 18 août 1941, à la veille de sa libération, le préfet de la Gironde prend un arrêté d’internement administratif en application du décret-loi du 18 novembre 1939. Le lendemain, Jean Guénon est interné au Centre de séjour surveillé de Beau Désert à Mérignac.
Le 13 avril 1942, les autorités allemandes d’occupation le transfèrent au Fort du Hâ. Quatre jours plus tard, le 17 avril, Jean Guénon est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; enregistré sous le matricule n° 3870, il est assigné au bâtiment A0.