Jean HERNANDO

Matricule 45659
decede
Photographie de Jean HERNANDO
Jean Hernando © José Martin — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/07/hernando-jean/
Convoi 45000

Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Jean Hernando naît le 27 janvier 1921 à Thourotte, à 10 km au nord de Compiègne (Oise), dans une famille d’ouvriers espagnols venus travailler en France sur les grand chantiers ; il est le fils de Louis Hernando, 32 ans (né le 4 septembre 1888 à Fresno de Cautespino), maçon puis cimentier, et de Herménéjilda des Castello, 27 ans, son épouse (les témoins pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil sont deux autres maçons espagnols). Jean Hernando a une sœur ainée, Maria-Louisa (dite “Carmen” ?), née le 23 juin 1916 en Espagne et naturalisée française en même temps que ses parents ; un frère plus âgé, Louis, né le 8 juillet 1919 à Nantes (Loire-Atlantique), une autre sœur, Émilia, née à Thourotte le 18 septembre 1922, et un frère plus jeune Edmond, né le 29 novembre 1924 à Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais).

De 1935 à 1945, le père de famille est domicilié au 11, impasse des Vauloyers à Vitry-sur-Seine [1] (Seine / Val-de-Marne – 94), à la limite de la commune, près du fort d’Ivry.

Célibataire, Jean Hernando est d’abord manœuvre dans le bâtiment, puis polisseur sur métaux à Vitry.

Lors de la guerre d’Espagne, son frère Louis – 17 ans ! – part combattre pour défendre la République espagnole contre la rébellion du général Franco soutenue militairement par Hitler et Mussolini ; son nom figure sur une liste de volontaires français rapatriés le 19 novembre 1938.

Au moment de son arrestation, Jean Hernando est domicilié « dans un passage à hauteur du » 40, rue du Fort, « deuxième maison à droite », peut-être chez son frère Louis, manœuvre, ou chez sa sœur Marie, devenue épouse Beunon, alors ouvrière sur machine.

Sous l’occupation, Jean Hernando est actif au sein des Jeunesses communistes clandestines.

Le 1er mai 1941, il est interpellé par des agents du commissariat de la circonscription d’Ivry-sur-Seine, comme Julien Massé, pour « propagande, tracts » à la suite de l’arrestation de Maurice Coulin fils (17 ans) et de deux camarades pris la nuit précédente en train de peindre des « inscriptions sur les murs des immeubles de la localité » (un registre du camp de Voves évoque un « flagrant délit de collage de papillons »). Son frère Louis aurait du être arrêté en même temps, mais leur sœur Marie est allée le prévenir de ne pas rentrer car la police était chez eux.

Le 3 mai, inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939, Jean Hernando est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e). Le 23 janvier 1942, la Section spéciale de la Cour d’appel de Paris, où il comparaît avec dix camarades, le condamne à treize mois de prison et cent francs d’amende. Son frère cadet, Edmond, arrêté le même jour « pour détention de tracts dans sa chambre », est relaxé.

Jean Hernando est détenu pendant un temps à la Santé. Avec Julien Massé, il passe rapidement à l’établissement pénitentiaire de Fresnes (94) pour sa libération le 26 février 1942. Mais il est « consigné PP pour AA », c’est-à-dire interné au dépôt de la préfecture de police (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité), à disposition des autorités allemandes.

Le 26 mars 1942, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif, en même temps que celui de Julien Massé. Pendant un temps, les deux jeunes gens restent détenus au Dépôt.

Le 16 avril, ils sont transférés au “centre de séjour surveillé” de Voves (Eure-et-Loir) ; Jean Hernando y est enregistré sous le matricule 54.