Jean HUGUES

Matricule 45673
decede
Photographie de Jean HUGUES
Jean Hugues le 8 juillet 1942 à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/07/jean-charles-hugues/
Convoi 45000

Jean, Charles, François, Hugues naît le 26 juin 1911 à Paris 14e, fils de Joseph Hugues et de Marie Bassède.

De la classe 1931, il effectue son service militaire au 21e régiment d’infanterie à Chaumont(-en-Bassigny, Haute-Marne).

Le 26 mars 1936, Jean Hugues entre comme machiniste au Théâtre national de l’Opéra (palais Garnier) à Paris 9e.

La salle de l’Opéra de Paris vue depuis la scène. Carte postale colorisée des années 1900, probablement d’après une gravure de la fin du 19e siècle. Coll. Mémoire Vive.

Pendant un temps, il habite au 43, avenue Reille, à Paris 14e.

En 1936, il adhère au Parti communiste, mais reste discret sur son engagement.

Sportif, il pratique à l’Union Athlétique Jean-Jaurès (UAJJ), affiliée à la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 25, rue Gassendi, à Paris 14e.

Au cours de la Drôle de guerre puis de la campagne de France, il est mobilisé dans un régiment de pionniers. Démobilisé en juillet 1940, il retrouve son emploi à l’Opéra.

Le 19 octobre 1940, à 23 h 15, la nuit étant tombée, Jean Hugues est interpellé sur l’avenue du Maine (Paris 14e), à hauteur de la rue du Château, par deux gardiens de la paix du commissariat du quartier Plaisance, alors qu’il circule à bicyclette. Quand ils fouillent sa musette, les agents trouvent des tracts et des papillons communistes, un cachet en caoutchouc imprimant le symbole de la faucille et du marteau, et un tampon humide. Ramené au poste pour y être interrogé, le militant reconnait qu’au moment de son arrestation il s’apprêtait à coller des papillons qui lui auraient été remis boulevard Raspail (Paris 14e) par une nommée Andrée. Son appartement fait l’objet d’une perquisition au cours de laquelle sont trouvés deux cartes du parti communiste 1939-1940 à son nom, et un lot de brochures et de livres. Le lendemain, 20 octobre, plutôt que pour infraction au décret-loi français du 26 septembre 1939, le commissaire décide d’inculper Jean Hugues pour infraction à l’ordonnance allemande du 20 juin 1940 (« apposition de tracts non visés par la censure ») et de le mettre à la disposition de l’autorité militaire d’occupation. Le machiniste de l’Opéra demande que sa bicyclette, son sac de porteur avec son contenu, un câble antivol, une lampe électrique, une paire de gants et un trousseau de neuf clés, soient restitués à sa mère, employée aux PTT, demeurant au 152, avenue du Maine. Le commissaire de police le fait conduire en premier lieu au dépôt de la préfecture. Peut-être Jean Hugues est-il écroué ensuite à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e). Le 7 novembre, il est remis aux autorités allemandes qui le transfèrent à la prison militaire du Cherche-Midi, réquisitionnée pour leur usage. Il est relâché six semaines plus tard. Le 3 mai 1941, à Paris 6e, Jean Hugues se marie avec Marguerite Lény, née en septembre 1906, ouvreuse au Théâtre Montparnasse. Ils ont un fils, Jean-Pierre, né le 10 novembre suivant.

Le 28 avril 1942, Jean Hugues est arrêté à son domicile par la police allemande et la police française, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations collectives (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine, visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Avec lui sont arrêtés neuf de ses camarades (dont R. Deslandes), qui seront eux aussi des “45000” : ils sont conduits dès le lendemain au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).