Jean, Louis, Le Mouël naît le 7 janvier 1909 à Plouay (Morbihan – 56), fils de Louis Le Mouel, 49 ans, retraité, et de Marie Jaouen, son épouse, 41 ans, ménagère.
Après avoir obtenu son Certificat d’études primaires, le 20 juin 1921, à 12 ans et demi, Jean Louis Le Mouël prolonge sa scolarité d’un an en suivant le Cours complémentaire, puis entre en apprentissage comme charron.
Encore jeune, il arrive dans la capitale où sa spécialité – le travail du bois – lui permet de trouver un emploi aux usines Renault de Boulogne-Billancourt.
Le 11 juillet 1928, à la mairie du 15e arrondissement de Paris, Jean Louis Le Mouël, charron, épouse Marie Le Blevec, née en Bretagne le 13 novembre 1907, cuisinière. À l’époque, la loi les considère encore comme mineurs. Ils auront deux enfants : un fils, Gilbert, né le 29 février 1929 à Paris 15e, et une fille, Gisèle, née le 30 juillet 1931 à Paris 12e.
Pendant un temps, la famille est domiciliée à Fontenay-sous-Bois [1] (Seine / Val-de-Marne – 94), d’abord avenue Victor-Hugo, puis au 35, boulevard de Verdun. Le père loue un petit jardin ouvrier à Montreuil, commune voisine, où il emmène ses enfants.
Jean Louis Le Mouël adhère au Parti communiste. Son épouse ne partage pas ses convictions ; ses propres parents non plus.
Militant syndical à la CGT, il est engagé dans les événement du Front populaire, désignant les Croix de Feu comme adversaires.
Dans cette période (mai-juin 1936 et/ou novembre 1938 ?), il participe à l’occupation de son entreprise. Licencié, il est inscrit sur les « listes noires » du patronat. Après une courte période de chômage (?), il suit une formation d’ajusteur de précision. Son nouveau CAP lui permet de “brouiller les pistes” et de se faire oublier : il retrouve du travail chez Morane-Saulnier, constructeur aéronautique à Puteaux.
Après la fin juillet 1937, peut-être pour se rapprocher de son emploi, la famille déménage au 181, rue de Verdun à Suresnes [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92), dans d’anciennes étables transformés en appartements, bruyants et insalubres.
À la suite de la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, Jean Louis Le Mouël est mobilisé comme « affecté spécial » dans son entreprise qui produit pour la Défense nationale.
Sous l’occupation, il change d’employeur : l’usine d’aviation Morane-Saulnier où il travaille est alors étroitement contrôlée par l’armée allemande et la Gestapo [2]. Jean Louis Le Mouël est embauché par l’entreprise Saurer [3] de Suresnes qui fabrique des camions. Mais cette usine produira bientôt elle aussi pour l’occupant et sous son contrôle.
Jean Louis Le Mouël est actif dans la clandestinité : il reçoit ou transmet des paquets à des intermédiaires, il sort le soir pour rentrer à la nuit ; avec une « imprimette » à caractères mobiles, il fabrique des « papillons » qu’il colle à l’extérieur, notamment aux arrêts d’autobus. À plusieurs reprises, et malgré la vive opposition de son épouse, il se fait assister par son fils Gilbert, 12 ans, qui dissimule pinceau et pot de colle sous sa pèlerine.