Jean MAHON

Matricule 45813
decede
Portrait de Jean MAHON
Jean Mahon in « les communistes dans la Résistance en Côte d’Or » éd. PCF 21 / 1996 p.2. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Jean, Alfred, Désiré, Mahon naît le 9 mai 1905 à Bar-sur-Aube (Aube – 10), de Raoul Mahon, 25 ans, maréchal-ferrant, et de son épouse Blanche Blavoyer, 26 ans, ouvrière en robes, domiciliés au 2, rue Gambetta. Le 8 octobre 1908, naît Marthe Marie Joséphine, sœur cadette de Jean.

Mobilisé dans l’artillerie en août 1914, leur père est détaché le 26 juillet 1917 (sans doute comme “affecté spécial” dans sa profession) à la Maison Thuillier-Lefrant à Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne), entreprise de taillanderie, coutellerie et cisèlerie, spécialisée dans la fabrication de sécateurs et de cisailles. Il décède de maladie dans cette commune le 4 novembre 1918 . Il est déclaré « mort pour la France ».

Le 7 juillet 1919, les enfants Jean et Marthe sont adoptés en qualité de pupilles de la Nation en vertu d’un jugement du Tribunal civil de Dijon (Côte-d’Or – 21).Dès qu’il le peut, il travaille pour aider sa mère, laquelle a également sa jeune sœur à charge.

Le 27 octobre 1919, âgé de 14 ans, il entre comme ajusteur à la compagnie de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1]. Il est affecté comme apprenti au dépôt de Dijon-Perrigny (21).

Perrigny-les-Dijon, le Triage. Carte postale “voyagée” après la guerre. Collection Mémoire Vive.

Au printemps 1921, la petite famille habite rue Berthelot à Longvic, commune limitrophe au sud-est de Dijon.

Le 5 février 1927, à Dijon, Jean Mahon se marie avec Henriette Marie Louise Belin, née le 25 septembre 1905 dans cette ville, employée de bureau.

Début 1931, ils habitent au 5 rue de l’Espérance à Dijon.

Le 27 février 1931, leur fils, Pierre Raoul François, naît à leur domicile.

Le 11 décembre 1940, les premiers groupes de l’O.S. [2] dirigés par Jean Mahon, Chalon et Grillot, font dérailler un train de marchandise entre le poste 2 de Perrigny et le poste 2 de Longvic, détruisant quatre citernes de vin destiné aux Allemands et coupant la voie pendant 14 heures. Dans « Les bataillons de la jeunesse, les jeunes dans la résistance », Albert Ouzoulias mentionne encore deux autres déraillements, les 3 et 13 janvier 1941, puis, « de janvier à juin 1941, ces mêmes groupes (réalisent) des récupérations d’armes et d’explosifs, la remise en état des armes et la fabrication d’engins dans les ateliers du dépôt ».

La police militaire allemande soupçonne Jean Mahon, Jean Bouscand et Gabriel Lejard (45772) de coordonner les opérations de sabotage au dépôt de Perrigny, mais n’en possède pas de preuves.