Jean MATRISCIANO

Matricule 45862
decede
Photographie de Jean MATRISCIANO
Jean Matrisciano © Musée de la Résistance, Blois — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/02/matrisciano-jean/
Convoi 45000

Jean Matrisciano naît le 15 janvier 1923 à Chabris (Indre).

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Selles-sur-Cher, quinze kilomètres à l’ouest de Romorantin (Loir-et-Cher) ; son adresse reste à préciser. Il est célibataire.

Jean Matrisciano est ouvrier céramiste, déclaré comme journalier au moment de son arrestation, certainement à l’usine de céramique de Selles, fabriquant du mobilier sanitaire.

Le 30 avril 1942, à Romorantin, cinq résistants communistes sont découverts par des soldats allemands alors qu’ils distribuent des tracts. Armés, ils ne se laissent pas arrêter et blessent les soldats dont un sous-officier qui succombe à ses blessures. Les mesures de représailles prévoient l’exécution immédiate de dix communistes, Juifs et de proches des auteurs présumés. Vingt autres personnes doivent être exécutées si au bout de huit jours les « malfaiteurs » ne sont pas arrêtés. Des rafles sont opérées dans la ville et dans le département afin de pouvoir « transférer d’autres personnes vers l’Est, dans les camps de travaux forcés . »

Le lendemain 1er mai, Jean Matrisciano est arrêté comme otage. D’abord détenu à Orléans (Loiret), il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, Jean Matrisciano est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Jean Matrisciano est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45862 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.