Jean POMIER

Matricule 45999
decede
Photographie de Jean POMIER
Jean Pomier © Claude Pomier DR — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2014/04/pomier-jean/
Convoi 45000

Jean Eugène Pomier naît le 13 décembre 1907 à Paris 8e, à la maternité de l’hôpital Beaujon, 208 rue du Faubourg-Saint-Honoré, fils de Jacques Alphonse Pierre Pomier, 33 ans, journalier, et d’Anne Augustine Roubinet, 43 ans, blanchisseuse, son épouse, domiciliés au 13 rue de l’Étoile (Paris 17e).

Le 23 mars 1923, son père, Jacques Pomier, 49 ans, domicilié au 22 rue Brey, décède à l’hôpital Lariboisière, 2 rue Ambroise Paré (Paris 10e).

En 1929 et jusqu’au moment de son arrestation, Jean Pomier est domicilié au 41 rue de la Gaité à Drancy. En 1929, il se déclare comme employé de commerce.

Le 10 mai 1930, à Drancy [1] (Seine / Seine-Saint-Denis – 93), Jean Pomier épouse Madeleine Jeanne Antoinette Liégeois, née le 16 juin 1909, modiste. Ils ont un fils unique, Claude, né le 26 mai 1931 à Drancy.

En 1931, Jean Pomier commence a travailler comme magasinier, rue Auboin à Clichy (dans un dépôt de routage ?), pour Le Petit Parisien , grand quotidien national.

En 1935, son oncle, Jean Eugène Clément Pomier, et sa mère Anne (mariés ?) sont également installés rue de la Gaité à Drancy.

En 1936, Jean, Madeleine et Claude Pommier habitent au 48 rue de l’Harmonie à Drancy. Cette année-là, Madeleine est modiste chez Derbau (?), boulevard Pereire à Paris 17e.

À la déclaration de guerre, en septembre 1939, Jean Pomier est mobilisé à proximité de la frontière belge. Blessé à Longuyon (Meurthe-et-Moselle), il est démobilisé le 1er septembre 1940 sans avoir été fait prisonnier.

Revenu chez lui, il trouve du travail à l’usine de la Société du Duralumin (Cégédur) au Blanc-Mesnil (Seine-et-Oise / Seine-Saint-Denis) – dite néanmoins “usine du Bourget” – dans la zone industrielle de la vallée de la Molette.

Jusqu’en juin 1941, Jean Pomier cache chez lui une ronéo qui sert à imprimer des tracts apportés par A. Descamps, lequel rédige un périodique clandestin : Le Prolétaire drancéen .

Le commissaire de police de la circonscription de Pantin désigne Jean Pomier comme un « meneur communiste très actif se livrant à la propagande clandestine » dans son secteur.

Le 27 juin, Jean Pomier est arrêté à son domicile par les services du commissariat de Pantin. Le préfet de police a signé l’arrêté ordonnant son internement administratif « en application du décret du 18 novembre 1939 ». Mais, en réalité, Jean Pomier est pris dans le cadre d’une vaste opération menée en concertation avec l’occupant. En effet, pendant quelques jours, plusieurs dizaines de militants de Paris et de la “petite couronne” arrêtés dans les mêmes conditions sont aussitôt conduits dans la cour de l’Hôtel (de) Matignon [2], alors désigné comme siège de la Geheime Feldpolizei (GFP), pour y être “mis à la disposition des autorités d’occupation” [3]. Tous sont ensuite regroupés au Fort de Romainville, sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis), premier élément du Frontstalag 122 ; considérés comme étant en transit, ils ne sont pas enregistrés sur les registres du camp.