Jean, Alexandre, Quadri naît le 13 mars 1912 à Nice (Alpes-Maritimes). Il a – au moins – une sœur.
Devenu adulte, “Jeannot-le-Parisien” a une adresse à Nice (23 boulevard de Cessole) et une autre à Paris (rue Frochot, 9e arrondissement).
De profession, Jean Quadri est plâtrier, dans le Bâtiment. Son frère Vincent est maçon. Ils ne partagent pas les mêmes idées politiques : Vincent est connu comme secrétaire des Jeunesses communistes.
Le 25 octobre 1940, alors qu’il n’a jamais été condamné, des policiers de Nice arrêtent Jean Quadri une première fois et le conduisent au Fort de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) où il est écroué par mesure d’internement administratif. Il réussit à s’en évader en janvier 1941 (avec Jean Pollo ?).
Sisteron, la citadelle dans les années 1900. Carte poste, collection Mémoire Vive.
Le 3 janvier 1942, Jean Quadri est repris rue Fontaine, vers Pigalle, à Paris 9e, au cours d’une vérification d’identité, et écroué au dépôt de la préfecture de police (sous-sol de la Conciergerie, île de la Cité).
Jugé par un tribunal français, il est condamné à une peine de trois mois d’emprisonnement pour son évasion précédente. Le 23 janvier, il est conduit à la Maison centrale de Poissy (Seine-et-Oise / Yvelines).
Le 5 mai 1942, il fait partie des 14 internés administratifs de la police judiciaire (dont au moins onze futurs “45000”) qui sont conduits avec 37 communistes à la gare du Nord, « à la disposition des autorités allemandes et dirigés sur Compiègne par le train de 5h50 » pour être internés au camp de Royallieu (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Un matin, peu de temps après son arrivée, il assiste à un appel des internés au cours duquel plusieurs hommes sont emmenés. Le soir même, il saura que c’est pour être fusillés.
Dans des notes rédigées à la fin de sa vie [1], Jean Quadri raconte qu’il apprend le creusement en coursd’un tunnel d’évasion et que, avec Abel Buisson, il entre en contact avec le groupe de militants communistes conduisant cette opération. Jean Quadri n’évoque pas sa participation au creusement ; sa description du tunnel contient des éléments avérés et des inexactitudes. Il aurait été 25e ou 26e sur la liste des partants, susceptible de s’évader au cours d’un deuxième départ si le tunnel n’avait pas été découvert après la première évasion.
Entre fin avril et fin juin 1942, Jean Quadri est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler). Jean Quadri fait partie des quelques hommes du convoi déportés comme “associaux”.