© Musée de l’Histoire vivante, Montreuil.
Jean, Camille, André, Renard naît le 30 octobre 1913 à Montreuil-sous-Bois [1] (Seine / Seine-Saint-Denis), fils de Camille Renard, né le 4 novembre 1874 à Montreuil, et de Marguerite Marchais, née le 8 août 1876 à Cognac (Charente). Son père est mobilisé au cours de la guerre de 1914-1918.
De 1931 à 1936, Jean Renard travaille comme photographe dans l’atelier de son père, installé au 90, avenue de Malakoff à Paris 15e.
Le 10 août 1935, à la mairie de Montreuil, il se marie avec Gabrielle Fougeard, née le 28 juin 1911 à Saint-Hilaire-de-Loulay (Vendée). Ils auront une fille, Nadine, née le 16 décembre 1937 à Montreuil.
Le 15 octobre 1936, Jean Renard est incorporé au 503e régiment de chars de combat afin d’y accomplir son service militaire. Il en est libéré le 1er octobre 1937.
La famille est domiciliée au 9, rue de Rosny à Montreuil, dans un pavillon appartenant au père de Jean et où celui-ci établit son propre atelier d’artisan photographe en mai 1938.
Adhérent au Parti communiste le 1er août 1935, Jean Renard serait secrétaire d’une cellule locale. Il participe aux activités culturelles de l’Université ouvrière de Montreuil. Selon un rapport de police, il s’agirait surtout de s’intégrer à la politique de la direction municipale.
Le 26 août 1939, Jean Renard est mobilisé et rejoint son régiment. Il est « renvoyé dans ses foyers » le 4 août 1940.
Le 5 novembre suivant, il est arrêté par les services du commissariat de la circonscription de Montreuil pour « activités communistes » après avoir été mis en cause par Fernand M., un ajusteur-serrurier père de sept enfants, comme ayant utilisé plusieurs stencils ayant servi à imprimer des tracts clandestins découverts la veille lors d’une perquisition chez celui-ci (plusieurs milliers d’exemplaires imprimés ou ronéotypés) ainsi qu’une machine Ronéo (imprimante). Jean Renard est placé sous mandat de dépôt le jour même.
Palais de Justice de Paris, île de la Cité, Paris 1er. Tribunal correctionnel, un des porches du 1er étage. (montage photographique)
Le 26 avril 1941, il assigné à comparaître avec douze autres inculpés montreuillois, dont Fernand Vandehove, Marceau Vergua et son accusateur, devant la 15e Chambre du Tribunal correctionnel de la Seine. Celle-ci le condamne à six mois de prison. Cette peine étant couverte par sa détention préventive, Jean Renard est relaxé le lendemain après avoir avoir signé, devant un responsable des Renseignements généraux dans le bureau duquel il a été conduit, un engagement « de ne plus [se] livrer à aucune activité communiste ».
Fin février 1942, il sollicite auprès de la direction du Commerce et du Travail de la préfecture de police, l’autorisation de transférer son atelier artisanal de photographe au 10, rue Saint-Marc, à Paris 2e.