Jean TARNUS

Matricule 46129
decede
Photographie de Jean TARNUS
Jean Tarnus le 8 juillet 1942 à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/04/tarnus-jean-louis/
Convoi 45000

Jean (dit « Jeannot » ?), Louis, Tarnus, naît le 7 mai 1914 à Bouligny, 35 km au nord-est de Verdun (Meuse – 55).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au Café du Peuple, rue d’Éton, à Dommary-Baroncourt (55), à trois kilomètres de son lieu de naissance, à l’ouest du bassin minier (fer) de Landres qui se prolonge en Meurthe-et-Moselle. Jean Tarnus est marié et a plusieurs enfants.

Il est mineur de fer.

C’est un militant communiste.

Jean Tarnus est arrêté entre le 22 et le 24 juin 1941, dans le cadre de l’ Aktion Theoderic [1], parmi 34 militants communistes de la Meuse dont neuf futurs “45000”, et interné dans les jours suivants au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), Frontstalag 122 – Polizeihaftlager (il s’y trouve le 31 décembre 1941).

Il fait partie des militants que Georges Cogniot, doyen du camp pour l’administration du camp – et dirigeant de l’organisation communiste clandestine -, fait affecter aux cuisines pour garantir une distribution équitable de la nourriture ; il est dans l’équipe chargée de convoyer le pain, la margarine et la viande.

En juin 1942, quand s’organise l’évasion collective par le tunnel [2], Louis Eudier, chargé de la sécurité du projet, demande à Jean Tarnus de différer l’évasion individuelle à laquelle celui-ci se prépare. Selon les témoignages, il est un des mineurs de fer qui participe au creusement du tunnel.

Entre fin avril et fin juin 1942, Jean Tarnus est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Jean Tarnus est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46129 (ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.