Jeanne COUTEAU

Matricule 31772
survivant
Photographie de Jeanne COUTEAU
TransportAquarelle
Convoi 31000

Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943, selon les trois vues anthropométriques de la police allemande. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

En février 1937, Marcel Pineau déclare habiter à Nantes (45)…

Sous l’occupation, séparée de son mari et en instance de divorce, Jeanne Couteau-Pineau vit rue du Champ-de-Mars, dans le quartier de La Riche, à Tours (Indre-et-Loire), avec Louis Pisetta, né le 14 juillet 1905 à Albiano (Italie) ; il semble même qu’elle porte son patronyme….

Après l’armistice, Louis Pisetta est embauché au champ d’aviation de Parçay-Meslay, base militaire de Tours, réquisitionné par la Luftwaffe. Ayant repris de l’activité au sein du Parti communiste clandestin, le militant diffuse des tracts en français au sein du personnel du camp et en allemand auprès des troupes d’occupation.

Charlotte Delbo écrira : « Le jour, Jeanne Couteau est cuisinière, Louis Pisetta chauffeur. Le soir, ensemble ou chacun de son côté, ils mènent des activités de Résistance : coller des affiches, mettre des tracts sous les portes et dans les boîtes à lettres. Tous deux sont communistes. »

Un rapport de police daté du 20 avril 1954 rapportera : « À la suite de l’arrestation à Paris de dirigeants nationaux du Parti communiste clandestin, l’identité de certains responsables interrégionaux fut connue. C‘est ainsi que les Allemands recherchèrent alors activement dans notre ville le nommé Chartier André dit “Victor”, responsable interrégional du PC pour la Touraine, l’Anjou, l’Orléanais. L’enquête dirigée par la Gestapo amena l’arrestation de Monsieur Dumas Jules, 84 rue Georges Courteline, à qui Chartier avait confié sa carte de tabac et qui touchait ses rations à sa place. Chez Dumas, de nombreux tracts communistes furent saisis, et certains documents permirent l’arrestation d’une soixantaine de membres de l’organisation clandestine du PC reconstituée dans notre ville, parmi lesquels se trouvait Pisetta Louis. »

Le 4 août 1942, à 3 heures du matin, Louis Pisetta et Jeanne Couteau sont arrêtés à leur domicile par les autorités allemandes, alors qu’ils viennent juste de rentrer de leur activité clandestine nocturne (Ch. Delbo).

Jeanne Couteau est incarcérée à la Maison d’arrêt de Tours, rue Henri Martin.

À l’aube du 6 novembre 1942, elle est parmi les dix-sept prisonnières extraites de leurs cellules pour monter dans deux cars stationnant devant la prison. Dans l’un d’eux se trouve déjà Marcelle Laurillou, détenue depuis deux mois à l’école Jules Michelet de la ville, alors transformée en prison par l’occupant.

Les véhicules s’arrêtent rue de Nantes et les dix-huit détenues sont menées dans la gare de Tours par une porte annexe, échappant ainsi aux regards de la population. Sur le quai, des soldats allemands montent la garde devant le wagon à compartiments où elles doivent prendre place.

À midi, leur train s’arrête à la gare d’Austerlitz, à Paris. On les fait entrer dans une petite salle d’attente équipée de bancs, où des bénévoles de la Croix-Rouge distribuent à chacune un bol de bouillon “Kub” et une tranche de pain noir. Un agent de police française est là pour les accompagner aux toilettes.

Après une attente de plusieurs heures, les prisonnières – toujours encadrées par des soldats – doivent monter dans deux autobus de la STCRP (future RATP).