Joseph, Jacques, Émile, Besnier naît le 26 mai 1921 à Trun (Orne), fils de Joseph Besnier, 23 ans, “garde moulin”, et de Solange Dudouit, 18 ans, son épouse.
Fin mars 1926, la petite famille est domiciliée rue de l’Église à Trun, le père est garde moulin chez Dufour, minotier sur la Dives.
Fin avril 1929, Joseph Besnier père déclare être domicilié au moulin de Crocy (Calvados – 14). Début janvier 1930, il habite au 6 avenue Pierre Berthelot à Caen, chez Madame Dijal, qui tient un café-restaurant (?).
Fin mars 1931, Joseph Besnier père déclare habiter route de Rouen à Mondeville, agglomération de Caen (14).
À la mi-mai 1936, Joseph Besnier père est domicilié au 12 rue Dindron à Angers (Maine-et-Loire – 49). En juillet 1938, il habite à Blaison (49).
Au moment de son arrestation, Joseph Besnier fils est domicilié route de Rouen (?). Il est célibataire (il a 21 ans).
Joseph Besnier est cordonnier.
Membre des Jeunesses communistes clandestines, il est arrêté par la police française une première fois en janvier 1941, dans la même affaire qu’André Montagne et Raymond Guillard, de Caen, et condamné à quatre mois de prison pour distribution de tracts communistes.
Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, Joseph Besnier est arrêté à son domicile par la police française. Inscrit comme “communiste” sur une liste d’arrestations exigées par la Feldommandantur 723 de Caen à la suite du deuxième déraillement d’un train de permissionnaires allemands à Moult-Argences (Airan – 14) [1], il est conduit à la gendarmerie de Mondeville, puis au commissariat central de Caen. Ses deux frères sont arrêtés en même temps.
Le 3 mai, remis aux autorités d’occupation, il est au “petit lycée” où sont rassemblés les otages du Calvados.
Le 4 mai au soir, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandise de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai, en soirée.
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, alignés transversalement, les six grands bâtiments du quartier C. Isolés par une clôture de barbelés, ils ont constitué le “camp juif” du 13 décembre 1941 au 6 juillet 1942. Ensuite, ils ont servi au regroupement des détenus pour le prochain convoi en partance. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas). Carte postale. Coll. Mémoire Vive.