Joseph BIFFE

Matricule 45246
decede
Photographie de Joseph BIFFE
Joseph Biffe en 1937 (archives RATP) — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2014/07/biffe-joseph/
Convoi 45000

En mars 1937… © RATP/Archives définitives.

Joseph Biffe naît le 15 janvier 1898 à Maisons-Alfort (Seine / Val-de-Marne), chez sa mère, Marie Biffe, journalière, âgée de 20 ans, domiciliée au 19, rue Marceau, fils de « père non-dénommé ». Il est pupille de l’Assistance publique de la Seine. Il a un frère aîné, Paul, Adrien, né le 6 mars 1896 à Basoches (Nièvre), également de père inconnu, leur mère étant alors âgée de 18 ans.

Le 18 avril 1908 à la mairie de Dampmart (Seine-et-Marne – 77), Marie Biffe, 30 ans, se marie avec Alphonse Frédéric de Temmerman, 49 ans, belge, manouvrier, veuf depuis novembre 1906. Au recensement de 1911, les deux fils Biffe n’habitent pas avec la famille de Temmerman… et leur mère.

Le 15 janvier 1915, Joseph Biffe, âgé de 17 ans, est embauché comme camionneur – considéré comme ouvrier agricole – chez François Deblicker, belge, né en 1860, patron cultivateur au lieu-dit Aubigny à Montereau-sur-le-Jard, 6 km au nord de Melun (77).

Le 9 septembre 1915, alors qu’il est de la classe 1918, Joseph Biffe devance sa mobilisation et s’engage volontairement pour la durée de la guerre à la mairie de Melun. Deux jours plus tard, il est incorporé au 95e régiment d’infanterie comme soldat de 2e classe. Il rejoint le front le 29 février 1916 (?).

Le 29 juillet 1916 à Dampmart, son frère Paul Biffe se marie avec Germaine, Georgette, de Temmerman, polisseuse, née le 1er juin 1896 à Dampmart, fille de son beau-père Frédéric. Paul Biffe deviendra gardien de la Paix (à vérifier…).

Le 28 février 1917, alors que son unité est cantonnée dans le sous-secteur du Four-de-Paris en forêt d’Argonne, Joseph Biffe est promu caporal. Le 30 mars suivant, il est cité à l’ordre de son régiment : « Volontaire pour une reconnaissance poussée dans les lignes ennemies, s’est fait remarqué par sa belle attitude au cours de deux coups de main effectués… [illisible] 27 mars 1917 ». À cette dernière date, le journal de marche et opérations du régiment rapporte : « Un coup de main organisé et exécuté par la section d’élite du régiment nous a permis de ramener deux prisonniers dont un blessé. Journée assez mouvementée, bombardement par obus et torpille. Un soldat tué ». Précédemment, à la date du 7 mars, il est relaté : « À 5 heures du matin, la section d’élite du régiment, sous les ordres du sous-lieutenant Durassié, par un coup de main heureux, a pénétré dans la tranchée allemande Arc-de-Cercle, en face du front II, du quartier des Meurissons. Après une rapide exploration, le jet d’explosifs dans les abris, la destruction d’un PP ennemi, la section rentre au complet dans nos lignes ; 5 blessés légers, dont 1 sergent ». Le 16 juin, Joseph Biffe est de nouveau cité à l’ordre de son régiment, alors cantonné dans le secteur de la Main de Massiges, en Champagne : « Faisant partie du détachement de reconnaissance, a pris part à toutes les missions dangereuses ; modèle de bravoure et d’audace ». Joseph Biffe est finalement cité à trois reprises. Pour ces actions, il reçoit la Croix de guerre (il recevra la Médaille militaire en octobre 1932). Toujours dans le même secteur, l’artillerie allemande déclenche dans la nuit du 15 au 16 septembre un intense bombardement allemand par torpilles à gaz sur les ravins des Faux et des Noyers : trois soldats sont tués et sept évacués pour intoxication, dont Joseph Biffe (atteint au poumon gauche ?).

Le 21 mai 1918, celui-ci est affecté au 4e bataillon d’infanterie légère d’Afrique, qu’il rejoint dans son cantonnement du secteur de Trigny, 10 km au nord-ouest de Reims (Marne). Une semaine plus tard, le 28 mai, au début de la grande offensive allemande débordant le Chemin des Dames en direction de la Marne, alors que « L’ordre est donné aux unités de continuer leur mission de sacrifice et de ne reculer que pied à pied », Joseph Biffe est porté disparu à Courcy, près du canal de l’Aisne à la Marne : fait prisonnier de guerre, il est détenu à « Grashen-Coudier » [?] et reste en captivité jusqu’au 8 janvier 1919. Rapatrié, il est affecté au 31e RI. Le 1er octobre 1919, il rentre dans ses foyers à Dampart, titulaire d’un certificat de bonne conduite (« mis en congé illimité de démobilisation » le 1er novembre).

Le 11 mars 1919, à Lagny-sur-Marne (77), toujours mobilisé, Joseph Biffe épouse Marie-Thérèse Haccard, 17 ans et 1/2, née le 24 novembre 1901 à Paris 15e, domestique, dont les deux parents sont décédés. Sa propre mère, Marie Biffe, est alors également déclarée décédée

Le 1er octobre 1919, Joseph Biffe rentre dans ses foyers à Dampmart (77), titulaire d’un certificat de bonne conduite ; « mis en congé illimité de démobilisation » le 1er novembre (il recevra la Médaille militaire en octobre 1932).

Les Biffe ont une fille : Cécile, née le 18 février 1920.

En mai 1921, la famille habite au 36, rue du Poteau, à Paris 18e.