Joseph FILLOUX

Matricule 45541
inconnu
Photographie de Joseph FILLOUX
Musée de la Résistance de Blois — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/02/filloux-joseph-francois/
Convoi 45000

Joseph, François, Filloux naît le 22 mars 1899 à Villefranche-sur-Cher, à 6 km de Romorantin (Loir-et-Cher – 41), chez ses parents, François, Ambroise, Filloux, 37 ans, vigneron, et Françoise Beaulande, 31 ans, son épouse, habitant au lieu-dit Riou. Les témoins pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil sont un autre vigneron et un sabotier. Son père s’est remarié après le décès de sa première épouse, avec laquelle il avait déjà eu un garçon, Mathieu, son demi-frère.

Pendant un temps, Joseph Filloux travaille comme cultivateur (probablement vigneron).

Le 16 avril 1918, il est incorporé au 95e régiment d’infanterie. Le 12 septembre, son unité part « aux armées ». Sa campagne contre l’Allemagne est comptabilisée jusqu’au 23 octobre 1919. Le 21 mars 1921, il est renvoyé dans ses foyers, titulaire d’un certificat de bonne conduite. Du 5 mai au 30 juin 1921, il est rappelé au 113e R.I. par « application de l’article 33 » [?].

En juin 1921, Joseph Filloux a quatre dents fracturées par « coups de tête de cheval » et doit porter une prothèse dentaire.

Le 3 octobre 1921, à Villefranche-sur-Cher, il se marie avec Marthe Maubert. Ils auront un fils, André, né le 22 novembre 1924 à Villefranche.

Au moment de son arrestation, Joseph Filloux est toujours domicilié dans cette commune.

Pendant une période, il est employé des Postes et Télégraphes à Romorantin, avec Roger Morand (fusillé à Orléans), et Marcel Renaud.

Le 30 avril 1942, à Romorantin, cinq résistants communistes sont découverts par des soldats allemands alors qu’ils distribuent des tracts. Armés, ils ne se laissent pas arrêter et blessent les soldats dont un sous-officier qui succombe à ses blessures. Les mesures de représailles prévoient l’exécution immédiate de dix communistes, Juifs et de proches des auteurs présumés. Vingt autres personnes doivent être exécutées si au bout de huit jours les « malfaiteurs » ne sont pas arrêtés. Des rafles sont opérées dans la ville et dans le département afin de pouvoir « transférer d’autres personnes vers l’Est, dans les camps de travaux forcés. »

Le lendemain 1er mai, Joseph Filloux arrêté comme otage avec son fils et son frère Mathieu. D’abord détenus à Orléans, ils sont transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Entre fin avril et fin juin 1942, Joseph Filloux est sélectionné avec son fils et son frère parmi plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.