Joseph Kermen en mai 1941. Collection P. Labate. Droits Réservés.
Joseph, Marie, Kermen naît le 22 juin 1908, au hameau de Ker An Bley (ou Ker Ar Blec’h), sur la commune de Bulat-Pestivien (Côtes-du-Nord / Côtes-d’Armor [1] – 22), dans une famille de paysans modestes (sa mère, Brigitte Le Naour, ne parle que le Breton).
En décembre 1912, la famille s’installe au Peulven, une ferme à l’écart du village de Callac (22).
Sur le cadastre Napoléon (1833), la ferme du Peulven est alors isolée en bord de chemin, en haut à droite.
Lors de le Grande guerre, Joseph voit disparaître deux de ses frères aînés, Pierre et Théophile, et deux de ses beaux-frères, Yves Corrio et Guillaume Cazoulat, tués sur le front. Pierre, mobilisé au 411e régiment d’infanterie, tué le 6 janvier 1916, dans la tranchée de Posen, en Champagne. Théophile, mobilisé au 88e régiment d’infanterie, gazé, succombe le 2 février 1917, à l’ambulance de Mourmelon-le-Petit.
Avec le benjamin de la famille – Yves – Joseph Kermen reçoit une formation de mécanicien. Tous deux sont envoyés dans le Pas-de-Calais (62) pour subvenir aux besoins d’une de leurs sœurs, Nathalie, dont le mari est mourant. Alors qu’il n’a même pas 16 ans, Joseph Kermen est embauché comme ajusteur par une usine de construction de machines à Béthune (62), puis par la Compagnie des mines de Bruay-en-Artois (62). Il s’initie à la musique dans une fanfare où il joue du cornet.
Il rencontre Jeanne Lefèvre, une fille des corons, elle-même orpheline d’un père, Olivier, tué sur le front le 11 janvier 1915. Un enfant est en route : ils se marient. Elle n’a que 15 ans (elle lui a menti sur son âge !). Leur fils Claude naît le 22 mars 1928.
En 1930, ils arrivent à Paris pour s’installer dans le 18e arrondissement ; ils changeront plusieurs fois de domicile dans la même circonscription.
Le 14 janvier 1931, embauché à la Société des transports en commun de la Région parisienne (STCRP), Joseph travaille finalement comme ajusteur aux ateliers de réparation d’autobus du dépôt des Poissonniers.
Bus Renault de 1936, à plateforme arrière, photographié dans les années 1970. Carte postale. Collection P. Labate.
C’est un militant du Parti communiste et de la CGT.
Le 25 mai 1934, Jeanne donne naissance à leur fille Arlette.