Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Joseph Matis naît le 18 septembre 1904 à Cadia ou Cadca ou Etchastin (Tchécoslovaquie), fils de Jacques Matis et de Maria Dynkova.
Arrivé en France, il habite successivement à Algrange (Moselle – 57) et à Villeroy (Seine-et-Marne – 77).
Le 21 octobre 1933 à Monthyon (77), il se marie avec Anna Paco. Ils ont deux enfants.
Au moment de son arrestation, Joseph Matis est domicilié au 101, rue Édouard-Dreux à Tucquegnieux, dans le bassin minier de Briey (Meurthe-et-Moselle – 54).
Il est mineur, très probablement à la mine de fer de Tucquegnieux appartenant à la Société des Aciéries de Longwy.
Il est syndiqué à la Fédération du sous-sol. Mais, selon une liste manuscrite de 44 internés établie ultérieurement par le chef du centre de séjour surveillé d’Écrouves, il « démissionne » de son syndicat en 1938.
En 1939, au début de la “drôle de guerre”, Joseph Matis est interné pendant un temps au centre de rassemblement des étrangers à Briey, comme son compatriote Ludwig Motloch, de Tucquegnieux.
Le 22 août 1941, le préfet de Meurthe-et-Moselle signe un arrêté ordonnant son internement administratif à la suite d’une distribution de tracts communistes dans son secteur d’habitation (il est gardé quinze jours).
Dans la nuit du 4 au 5 février 1942, un groupe de résistance communiste mène une action de sabotage contre le transformateur électrique de l’usine sidérurgique d’Auboué qui alimente également dix-sept mines de fer du Pays de Briey. Visant une des sources d’acier de l’industrie de guerre allemande (Hitler lui-même s’en préoccupe), l’opération déclenche dans le département plusieurs vagues d’arrestations pour enquête et représailles qui concerneront des dizaines de futurs “45000”.
Le nom de Matis – n°50 – (sans prénom) figure sur une « liste communiquée le 19 (février ?) au soir à la KK ( Kreiskommandantur ) de Briey par le sous-préfet » pour préciser la nationalité de cinquante-trois hommes : il est désigné comme français (une erreur ?).
Le 20 février, il est arrêté comme otage par les « autorités allemandes » et interné le jour même au centre de séjour surveillé d’Écrouves, près de Toul (54), en attente « d’être dirigés sur un autre camp sous contrôle allemand en France ou en Allemagne ».