Joseph MILLERIOUX

Matricule 46252
decede
Photographie de Joseph MILLERIOUX
TransportAquarelle
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Louis, Marie, Joseph Millerioux naît le 13 février 1904 à Sainte-Gemme [1], à 9 km au nord de Sancerre (Cher – 18), fils de Louis, Marie, Millérioux (né en 1871), journalier, et de Marie Creuzil (née en 1873 à St-Gemme), son épouse, petits paysans domiciliés au lieu-dit la Raimbauderie en 1906. Joseph Millérioux a alors un frère – Clément, né en 1905. Cinq ans plus tard, en 1911, la famille habite à la Fontaine Odon, autre lieu-dit. Clément n’est plus inscrit sur le registre de recensement, mais on y trouve Henri, né en 1907.

Lors de la mobilisation d’août 1914, le départ des hommes – dont son père – en pleine période de travaux des champs, laisse à Joseph Millerioux une impression indélébile (qu’il racontera dans L’Émancipateur du 4 août 1929, sous le nom de Jean d’Églantine).

Dès l’âge de douze ans, il quitte l’école pour travailler comme domestique agricole dans les fermes environnantes, puis à la petite propriété familiale de ses parents obtenue en héritage en 1918.

En avril 1928, Joseph Millerioux adhère au Parti communiste après avoir lu de la littérature communiste. Pendant les années 1928-1929, il milite d’abord dans la cellule de Sury-en-Vaux (Cher) où il est presque seul avec le camarade qui l’a fait entrer au parti.

En 1930, il constitue la cellule de Saint-Gemme, intégrée au rayon (section) de Sancerre, où il réussit à grouper cinq camarades qui le désignent comme secrétaire. En février 1934, il devient secrétaire du rayon de Sancerre. La même année, il est nommé secrétaire du comité régional de la Région Centre. Délégué à la conférence national d’Ivry en juin 1934, il l’est également aux congrès nationaux de Villeurbanne en janvier 1936 et d’Arles en décembre 1937.

Dans le Sancerrois, région de petite paysannerie, l’influence communiste est en baisse : candidat au conseil général en 1931, Joseph Millerioux n’obtient que 1,7 % des suffrages des électeurs inscrits. En 1934, il est candidat au conseil d’arrondissement dans le canton de Vailly. En 1936, aux législatives, il ne recueille que 9,5 % des suffrages des électeurs inscrits. Il est encore candidat au conseil général en 1937.

En novembre 1935, il suit une école nationale paysanne communiste de quinze jours à Draveil. En 1937, il est responsable du Comité des paysans travailleurs de Sancerre, adhérent à la CGPT, écrivant dans L’Émancipateur de nombreux articles sur la situation paysanne.

À la suite d’Émile Lerat, blâmé par la direction du PCF en 1931, Joseph Millerioux demeure le dirigeant du Parti communiste dans le Sancerrois jusqu’à la guerre.

Arrêté en 1941, il est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Au cours de l’automne 1941, son nom figure sur une liste de quarante-quatre otages établie par l’armée allemande en représailles d’actions armées de la Résistance.