Jules CRAMPON

Matricule 45409
decede
Photographie de Jules CRAMPON
TransportAquarelle
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Jules Crampon naît le 17 novembre 1895 à Saint-Quentin (Aisne), fils de Louis, Marie, Crampon et de Maria Levéan, son épouse. Tous deux seront décédés avant son arrestation.

Pendant un temps, Jules Crampon habite au 107, quai d’Orléans, au Havre (Seine-inférieure / Seine-Maritime [2] – 76). Il travaille alors comme journalier.

Le 18 décembre 1914, il est mobilisé au 128e régiment d’infanterie, arrivant au corps trois jours plus tard. Le 11 mars 1915, il part « aux armées » avec le 411e R.I. Le 25 septembre suivant, il passe au 69e R.I. Le 28 juin 1917, il passe au 35e R.I. Le 8 août, il part pour l’Armée d’Orient. Le 20 août suivant, il passe au 260e R.I. Le 3 mars 1919, il est rapatrié en France. Aussitôt, il participe à l’occupation de la Rhénanie, en Allemagne. Le 24 mai, il passe au 129e R.I. Le 16 septembre suivant, il est mis en congé illimité de démobilisation, titulaire d’un certificat de bonne conduite. Pendant un temps, il habite au 31, rue J.-Mazurier, au Havre.

À une date restant à préciser, Jules Crampon épouse Victorine Bechet, décédée au moment de son arrestation.

Il est peintre (probablement ouvrier du Bâtiment).

Le 6 septembre 1939, Jules Crampon est rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale et classé comme “affecté spécial” au titre des usines « à démarrage rapide », au Tréfilerie et Laminoirs du Havre, quai du Garage. Le 16 novembre, il est “rayé” de l’affectation spéciale et affecté d’office au dépôt d’infanterie 31. Le 1er avril 1940, il passe au dépôt d’artillerie n° 303. Le 3 septembre 1940, il est démobilisé par le centre de Montréal-du-Gers (Gers) et se retire au 34, rue Édouard-Lang [1] au Havre.

À des dates et pour un motif restant à préciser, Jules Crampon est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [3] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “ camp des communistes ”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.