Julien Faradon avant guerre. © Collection Éric de Villepoix.
En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Julien Faradon est domicilié au 52, rue Guillaume-Tell à Dijon (21). Marié à Simone Nion (?), née le 19 mars 1914 à Raucourt en Haute-Saône (70), alors employée auxiliaire à la comptabilité régionale des Postes depuis plus de 11 ans. Ils ont une fille, Jeannine, née en 1932 à Is-sur-Tille, lieu où ils se rendent tous les dimanches.
Après avoir été ajusteur chez Lallement (1936), Julien Faradon est tourneur aux Établissements Lipton, usine de décolletage (pièces métalliques tournées), à Dijon.
Il est pilote d’avion amateur (?).
© Collection Éric de Villepoix.
Il adhère au Parti communiste durant les grèves de 1936, mais s’en éloigne ensuite.
Le 11 janvier 1942, Julien Faradon est arrêté à la suite de l’attentat manqué contre le foyer du soldat allemand ( Soldatenheim ) de Dijon, mis à la disposition des autorités d’occupation et conduit au quartier allemand de la prison de Dijon, rue d’Auxonne (selon les enquêteurs, certaines pièces entrant dans la fabrication des bombes ont été fabriquées dans l’usine Lipton) [1].
Le 19 janvier, le Commissaire divisionnaire, chef de la Police Judiciaire, informe par courrier le Préfet de Dijon que, sur les 26 ouvriers de l’usine arrêtés le 11 janvier, 21 ont été remis en liberté. Sur les cinq hommes gardés en détention, deux détenus ont avoué leur complicité (Pierre Dubost et Serge Guillerme) et trois sont gardés en otages en raison de leur ex-affiliation au Parti communiste : Julien Faradon, Henri Poillot et André Renard (futurs “45000”) ; Eugène Bonnardin (autre futur “45000”), arrêté avec les autres puis libéré le 18 janvier, est de nouveau incarcéré dès le lendemain.
Le 6 février, Julien Faradon est interné avec ses camarades au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : le « camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.
Le 13 mai, Simone Faradon écrit au Préfet de Région pour solliciter une allocation, car elle attend un bébé pour le mois d’août : obligée de cesser bientôt son travail, elle se retrouvera sans ressources.
Le 4 juin, elle s’adresse directement au Maréchal Pétain pour solliciter à nouveau une intervention en faveur de son mari et lui faire part de son angoisse face à l’avenir.