Julius KRAEMER

Matricule 46289
decede
Photographie de Julius KRAEMER
Julius Kraemer, collection particulière — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/05/kraemer-julius-ou-kramer/
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Julius Kraemer (ou Krämer) naît le 18 février 1897 à Nieder-Weisel, limitrophe de Buzbach, en Hesse (Allemagne).

À une date restant à préciser, il se marie avec Irma Schwartz, née le 5 mars 1904 à Nieder-Weisel. Ils ont un fils, Kurt, né le 3 septembre 1926 à Nieder-Weisel.

Sous l’occupation, la famille habite le petit village de Mesnil-Eudes, au sud de Lisieux (Calvados – 14), Julius Kramer se déclare comme agriculteur.

Le 1er mai 1942, il est arrêté à Lisieux, comme otage juif à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [1] et conduit le 2 mai à la Maison centrale de la Maladrerie à Caen.

Caen, la maison centrale de la Maladrerie dans les années 1900. Carte postale, collection Mémoire Vive.

Le 4 mai, remis aux autorités d’occupation, il est au “petit lycée” où sont rassemblés les otages du Calvados. Le soir même, il fait partie du groupe de détenus transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai, en soirée.

La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).

Entre fin avril et fin juin 1942, Julius Krämer est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Julius Krämer est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46289 ; les cinquante otages déportés comme Juifs ont reçu les matricules de 46267 à 46316 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).