Léa LAMBERT

Matricule 31821
decede
Photographie de Léa LAMBERT
TransportAquarelle
Convoi 31000

Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Marguerite, Léa , Durbecq naît le 9 avril 1892 à Rocroi (Ardennes – 08), fille de Louis Durbecq, 25 ans, mouleur, et de Marie Picot, 28 ans, son épouse. Elle grandit au hameau du Hyraumont (ou Hiraumont), sur la commune de Rocroi, limitrophe de la frontière belge au Nord du département. Léa va à l’école jusqu’au certificat d’études.

Le 26 juillet 1911 à Rocroi, elle se marie avec Émile Lambert, né 28 février 1886, lui aussi au Hyraumont (d’une mère née Durbecq !), laitier. Ils ont une fille, Germaine, Marie-Louise, né le 7 janvier 1912 à Rocroi.

Dès le 3 août 1914, Émile Lambert – de la classe 1906 – est mobilisé au 2e escadron du train (… des équipages = transports militaires). Le 28 janvier 1916, il passe au 17e régiment d’artillerie. Le 13 juillet suivant, il passe au 61e R.A. Le 1er avril 1918, il passe au 178e régiment d’artillerie de tranchées. À cette date, il est hospitalisé pour un motif inconnu. À partir du 16 mai suivant, il est affecté à l’arrière du front. Il est mis en congé de démobilisation le 27 mars 1919.

Le 19 juin 1933, à Écordal (08), leur fille Germaine se marie avec François Dorigny.

En 1936, Émile et Léa Lambert habitent rue des Telliers à Écordal.

Une filière d’évasion à Charleville

Sous l’occupation, le couple Lambert est domicilié au 8, place de l’Agriculture (aujourd’hui place Jacques-Félix) à Charleville [1] (08).

En 1942, Léa Lambert est à la fois cuisinière et économe du centre d’accueil du Secours national des Ardennes, à Charleville, dont Marcelle Fuglesang est l’assistante sociale en chef.

Le centre est devenu une étape essentielle de la filière d’évasion crée par Paul Royaux [2], chef de l’OCM des Ardennes et fondateur de l’organisation.

Quand les prisonniers de guerre qui se sont évadés des Stalags et des Oflags d’Allemagne font étape à Charleville, ils sont hébergés et nourris au centre d’accueil. Après que de faux papiers leur aient été remis, ils repartent vers leurs régions d’origine, certains transitant par Paris avec la complicité de cheminots. Les aviateurs anglais pris en charge par le réseau sont dirigés vers la Suisse par Besançon.

Les Allemands ne tardent pas à soupçonner l’existence de cette filière. Ils glissent un des leurs parmi les évadés. Se faisant passer pour britannique, celui-ci se présente à Charleville. Marcelle Fuglesang, qui sait l’anglais, se charge de l’interroger. Sans doute joue-t-il bien son rôle, puisqu’on le pourvoit du nécessaire comme les autres, et qu’il continue sa route.