Léon BUSARELLO

Matricule 45318
survivant
Photographie de Léon BUSARELLO
© Mémoire Vive 2017.
Convoi 45000

Léon, René, Busarello naît le 20 avril 1894 à Fagnon (Ardennes – 08), fils d’Antoine Busarello, 30 ans, marchand forain, et de Maria Beury, 24 ans, son épouse ; il a plusieurs frères et sœurs : Louis (né à Fagnon le 14 mai 1892), Madeleine, Arlette, Roger…

Pendant un temps, Léon Busarello travaille comme « conducteur de chevaux ». Il habite alors à Nantes (Loire-Atlantique).

Le 31 août, à la mairie de Nantes, Léon Busarello s’engage volontairement pour la durée de la guerre. Le lendemain, il est incorporé au 113e régiment d’infanterie, ordinairement basé à la caserne Maurice de Saxe, à Blois (Loir-et-Cher), mais qui est engagé dès le 22 août dans la bataille des frontières à Signeulx, au sud de la Belgique, où 1200 fantassins français sont mis hors de combat par les mitrailleuses allemandes. Du 7 au 11 septembre, le régiment participe à la bataille de la Marne.

Le 19 juillet 1919 à Dommiers (Aisne – 02), il se marie avec Gabrielle Flard, 23 ans, ouvrière agricole. À cette date, Léon Busarello est encore soldat au 21e régiment du Génie, mais déclare la profession d’ajusteur. Le couple aura huit enfants : Gabrielle, née le 16 février 1920, Louis, né le 23 juillet 1922, Madeleine, née le 14 avril 1925, Andrée, née le 28 août 1927, Mireille, née le 1er juin 1929, Odette, née le 4 mars 1931, et Arlette, née le 25 mai 1936.

Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 94, cité du Bois-de-Sapins à Soissons (02). Lui est déclaré comme brocanteur (avant cela, il semble avoir travaillé un temps comme serrurier).

Le 31 août 1941, le commissaire de police de la ville de Soissons écrit au préfet de l’Aisne, à Laon, pour lui transmettre « la liste de communistes notoires qui seront pris comme otages, par la Kreiskommandantur de Soissons, au cas où des incidents surviendraient dans la Ville ». Léon Busarello est le huitième des neuf hommes désignés, avec trois autres futurs “45000” : Charles Del-Nero, Jean Guier et Émile Maillard.

Le 19 septembre, le commissaire de Soissons transmet au préfet une liste de 240 « individus ayant appartenu comme militants ou sympathisants à l’ex-parti communiste de Soissons et de la région. Les plus mauvais sont marqués DANGEREUX », ce qui est le cas de Léon Busarello.

Le lendemain, 20 septembre, le commissaire principal des Renseignements généraux de Laon transmet au préfet une liste des « communistes notoires » des plusieurs localités du département « qui semblent continuer leurs agissements anti-nationaux ». Léon Busarello est parmi les dix-neuf hommes désignés pour Soissons et sa région.

Celui-ci est effectivement actif au sein du parti communiste clandestin, en contact avec la famille Richier, Alexandre Hebert (déporté), Léon Durville (fusillé) ; il serait responsable d’un dépôt d’armes.

Le 29 septembre 1941, à Courmelles, « banlieue de Soissons », une sentinelle allemande de garde à la porte de la Standortkommandantur est attaquée.

Dans la nuit du 29 au 30 septembre, Léon Busarello est arrêté à son domicile par la Feldgendarmerie , pris comme otage en représailles avec 17 autres militants communistes du secteur dont Léon Durville, qui sera fusillé le 21 février suivant, Gabriel Duponchelle, de Villeneuve-Saint-Germain, serrurier, Henry Malheurty, gérant des bains municipaux de Soissons, Charles Del Nero, Jean Guier et Émile Maillard ; une arme a été trouvée chez un militant communiste de Courmelles, Gaston Pinot [1]. Les 18 hommes sont conduits à la caserne Charpentier de Soissons.

Léon Busarello est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), où il est enregistré sous le matricule n° 1604.