Léon CAMBILLARD

Matricule 46318
decede
Portrait de Léon CAMBILLARD
Léon Cambillard en juin 1941 à Compiègne. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Léon, Antoine, Vermeersch naît le 3 novembre 1888 à Lille (Nord), chez sa mère, Laure Vermeersch, 27 ans, couturière, native de Saint-Denis (Seine / Seine-Saint-Denis), domiciliée au 23, rue Ratisbonne. Deux jours plus tard, l’enfant est présenté pour son inscription à l’état civil par la sage-femme qui l’a accouché, avec pour témoins deux journaliers âgés qui ne savent signer. L’enfant est reconnu et légitimé par le mariage de Léon, Eugène, Cambillard, avec sa mère, célébré à Lille le 8 septembre (ou novembre) 1892.

Le 9 décembre 1903, Léon Cambillard entre comme apprenti typographe à l’Imprimerie Nationale, rue de la Convention (Paris 15e).

Le bâtiment de l’Imprimerie Nationale, rue de la Convention (Paris 15e), l’année de son achèvement. Carte postale, collection Mémoire Vive.

Le 27 janvier 1912, à Paris 15e, Léon Cambillard épouse Jeanne Clément, née le 16 décembre 1889 à Saint-Père(-sur-Yonne), sans profession. Ils ont un fils, Roger Marcel, né le 20 juillet 1912 à Paris 15e.

Léon Cambillard est mobilisé du 3 août 1914 au 28 juillet 1919 ; sur le front jusqu’au 10 mai 1915, date à laquelle il est blessé au pied par un éclat d’obus au combat de la Targette (bataille d’Artois, village de Neuville-Saint-Vaast), à la suite de quoi il est affecté « à l’Intérieur » (?). À son retour, il est pensionné de guerre avec une invalidité de 40 %.

En 1923, et jusqu’à son arrestation, Léon Cambillard est domicilié au 36, avenue (ou rue) des Tilleuls à Clamart [1] (Seine / Hauts-de-Seine).

La seule action politique connue de son employeur est sa participation, le 12 octobre 1925, à la journée de grève lancée par le Parti communiste et la CGT contre la guerre coloniale du Rif au Maroc. Il reçoit « une réprimande » de la direction. Dans cette période, il s’occupe au sein de l’entreprise d’œuvres sociales intéressant la jeunesse (colonies de vacances, sports, etc.).

Il devient chef-comptable (“commis d’ordre et de comptabilité”) à l’Imprimerie Nationale.Son fils devient relieur, employé chez Magnier, et l’épouse de celui-ci est sténo chez Flammarion. Après avoir vécu un temps au domicile paternel, le jeune couple emménage à Vanves.

À une date restant à préciser, Léon Cambillard se présente comme candidat du Parti communiste aux élections municipales à Clamart.

Au cours de la guerre, ses collègues placent Léon Cambillard à la présidence de la Coopérative d’achat du personnel ; activité bénévole pour laquelle il est très apprécié. Cependant, le commissaire de police du 15e arrondissement, le désignant comme « véritable meneur de tout le personnel », considère que cette nomination lui permet de maintenir une propagande communiste sous couvert de la Coopérative, le soupçonnant également d’imprimer ou faire imprimer des tracts sur les presses et avec le papier de l’Imprimerie Nationale.

Le 10 février 1940, Léon Cambillard fait l’objet d’un rapport des Renseignements généraux dans lequel il est considéré comme « un militant révolutionnaire très actif ».