Léon LECRÉES

Matricule 45755
decede
Photographie de Léon LECRÉES
Léon Lecrées au CSS de Gaillon, le 29 octobre 1941 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/07/lecrees-leon/
Convoi 45000

Léon, Jean, Charles, Lecrées naît le 13 juillet 1888 à Cherbourg (Manche – 50), chez ses parents, Louis Lecrées, 33 ans, charpentier, et Henriette Abraham, son épouse, 32 ans, domiciliés au 61, rue de la Paix.

Le 5 avril 1913 à Carteret, Léon Lecrées se marie avec Élizabeth, Juliette, Abraham (une cousine ?). En 1941, ils n’ont pas d’enfant déclaré.

Le 3 août 1914, Léon Lecrées est mobilisé au 1er Régiment d’infanterie coloniale à Cherbourg. Le 25 septembre 1915, il est blessé par balle au fémur gauche. L’atrophie de la jambe qui en résulte lui donnera droit à une pension d’invalidité de 30 %. Cité à l’ordre du régiment, Léon Lecrées est décoré de la Croix de guerre.

Au moment de son arrestation, il est domicilié rue Félix-Faure, Les Coutils, à Équeurdreville [1], à l’ouest de l’agglomération de Cherbourg (50).

Ayant une formation de maçon, Léon Lecrées est chef d’équipe de maçonnerie aux Travaux maritimes de Cherbourg [2] (Arsenal ?). Dans une notice individuelle établie au camp de Gaillon, il est déclaré comme retraité, mais cela peut aussi signifier une révocation (il a 52 ans).

Pendant les quatre ou cinq années qui précèdent la guerre, il est adhérent du syndicat CGT des ouvriers de l’arsenal de Cherbourg, ainsi que du Parti communiste.

Sous l’occupation, il reste actif au sein du Parti communiste clandestin, intégré au groupe “Valmy”, selon son épouse. Celle-ci fait le guet pendant les réunions au domicile de Pierre, dit Paul, Vastel, gardien du cimetière d’Équeurdreville, qui tire des tracts sur une ronéo cachée dans un caveau.

Le 18 septembre 1941, le préfet de la Manche signe l’arrêté ordonnant l’internement administratif de Léon Lecrées en application du « décret du 18 novembre 1939 relatif aux mesures à prendre à l’égard des individus dangereux pour la défense nationale [sic !] et la sécurité publique [re-sic !] » ; du décret du 29 novembre 1939 ; de la loi du 3 septembre 1940 et de « la dépêche de M. le Ministre, secrétaire d’État à l’Intérieur, en date du 19 septembre 1940 » (?). En fait, il est « arrêté en raison de son activité antérieure à la suite de distribution de tracts communistes d’origine locale et quoique [sa] participation à cette distribution n’ait pas été établie ».

Le 19 septembre, à 13 heures, un inspecteur de police spéciale de Cherbourg vient l’appréhender à son domicile pour le conduire à la Maison d’arrêt de la ville en préalable à son transfèrement.

D’autres militants subissent le même sort comme Louis Hamel, de Cherbourg, Léon Truffert, de Tourlaville, Charles Mauger, d’Octeville et Marcel Hodiesne, d’Avranches (le 21).

Le 20 septembre, Léon Lecrées est interné au camp français de Gaillon (Eure), « centre de séjour surveillé » où il est « astreint à résider » ; assigné au bâtiment F (aile Est du pavillon Colbert [3]), 1er étage, chambre 3, lit 1.

Le 1er mars 1942, sachant qu’il a été interpellé sans preuve et n’ayant constaté aucune manifestation de ses idées politiques, en plus de sa « très bonne conduite », le commandant du camp propose sa libération au préfet de la Manche et à la direction générale de la police nationale, Léon Lecrées se déclarant de son côté prêt à cesser toute activité politique.